JEAN, THÉRÈSE
THÉRÈSE, entrant par la porte sous boiserie.
J'avais eu à écrire dans ma chambre. J'ai été attirée par vos éclats de voix... Jean, je vous approuve d'avoir protesté, d'avoir refusé 1
JEAN
Vous êtes témoin de l'obstination qu'il m'a fallu! Vous avez compris que je me révoltais pour vous, uniquement pour ne pas me séparer de vous!
THÉRÈSE
Moi, je frémissais contre la volonté qui prétenclait rapprocher de vous le terrible héritage.
Qui sait si l'on ne vous a pas déjà fait condamner à périr par ceux qui disposent de la puissance là-bas, et qui, peut-être, ont des moyens partout? Ahl j'exècre votre pèrel... Oui, je l'exècre d'avoir mis votre nom en avant. S'il lui faut que la maison de Sylvanie soit restaurée, à lui d'y tâcher en sa propre personne. La mort est de son âge. Pas du vôtre! Je veux que vous viviez!
JEAN
Ah! voilà des paroles qui me font du bien. Mais, pour moi, vivre, c'est vous avoir. La vie que vous me faites mener, ce n'est plus vivre. Le refus que j'ai opposé à mon père n'est pas définitif dans mon esprit.
THÉRÈSE
Ah!
JEAN
J'ai ajourné afin de vous mettre en demeure de trancher mon sort. On m'offre d'aller m'étourdir avec les chances de triomphe ou de catastrophe. En cette minute solennelle, répétezmoi que vous ne m'appartiendrez jamais, et je cours me jeter dans la lutte!