SCÈNE VU
THÉRÈSE, seule, se ruant contre la porte du fond, close au verrou.
Qui est là?... On lutte... Quelqu'un est tombél... Ouvrez-moi, Jeanl... OuvrezI... Jean!... Répondez I... Répondez I... Il n'a poussé qu'un seul cri!... Jean!... Faites entendre votre voix!... Jean!... Il ne répond pas!... Aucun bruit! Rien! Un silence de mort!... Non!... On approche...
(Elle recule avec effroi. La porte se rouvre; Keff apparaît.) Âh!...
Quiètes vous?
THÉRÈSE, dans une adjuration farouche.
Mais tuez-moi donc aussi I tuez-moi I
KEFF
Vous êtes en dehors de la cause que nous servons. Nous savons que vous êtes une femme mariée qui perdriez tout à nous dénoncer. Une fois dans la rue, vous ne ferez pas de bruit. Nous ne vous craignons pas : allez-vous-en 1
THÉRÈSE
Je ne m'éloignerai pas... Tout est fini pour moi... Je n'ai plus qu'à mourir là, près de lui...
KEFF
Vous ne voudrez pas qu'on vienne vous reconnaître dans un lieu de rendez-vous?... Vous ne voudrez pas qu'on ait à vous détacher du corps de votre amant pour vous rendre à votre fille?
THÉRÈSE, perdant courage i cette idée.
Oh! pas cela!... Non, pas cela!
KEFF
Vous ne pouvez plus rien pour le prince Jean.