ACTE III, SCÈNE I III
demie, paraît-il, qu'elle a envoyé chercher un fiacre. Le concierge lui a entendu indiquer pour destination — mais il ne peut préciser — soit l'avenue du Bois, soit une porte du Bois...
LA COMTESSE DE MÉGÉE
Ta femme aura voulu profiter de l'embellie qui s'est produite vers le milieu de la journée!... Cela lui aura inspiré une décision brusque...
RAOUL
Oui, toujours ces façons impulsives, cette nervosité où vous m'avez fait discerner hier un état maladif. Actuellement, je trouve là un sujet particulier de craintes. Puisque nous considérons ma femme comme névropathe, ou comme atteinte d'hypocondrie, nous ne devions pas la laisser seule... Que s'est-il passé dans le cerveau de Thérèse?... Quelle imprudente fantaisie?... Qu'a-t-elle fait?
LA COMTESSE DE MÉGÉE
Elle va te le dire. Nous allons le savoir...
Puisqu'elle se dirigeait dans le sens du Bois, elle avait la tentation d'une promenade, sans
doute à pied. Elle aura quitté sa voiture; et, pour en retrouver une, c'a été plus long qu'elle ne l'avait calculé... Je serais la première, mon cher enfant, à me tourmenter s'il y avait de quoi... Mais tu vois bien que j'ai l'esprit tranquille...
RAOUL
Non, ma mère. Je vous sens comme moi pleine d'inquiétudes. Et, pardonnez-moi de vous le dire, vos propos rassurants qui ne peuvent rien apporter de positif, votre affectation de calme, augmentent plutôt mon anxiété.
LA COMTESSE DE MÉGÉE
En ce cas, je ne continue point à t'agacer.
RAOUL
C'est que, ma chère mère, je ne me tiens plus d'impatience. Je ne suis qu'à plaindre... Ne m'en veuillez pas...
LA COMTESSE DE MÉGÉE
Je ne t'en veux pas. Mais je vois que je ferais