ACTE I, SCÈNE I l6f
cette nuit. Mais j'aurai affaire à des gens comme il n'y en a pas de pires. Alors donc, s'il doit m'arriverque j'y sois de ma peau, j'avais besoin que ces messieurs sachent d'avance à qui la faire payer. A présent, je m'en rapporte à eux, et voilà qui est dit.
GÉRARD
Tu seras bien assisté de ton camarade?
LAURENT
Il est rentré malade, avant la soupe. Il ne tient pas debout. Il ne se retrouvera pas sur pied, sans doute, avant deux ou trois jours.
RAYMOND
Eh bien! attends qu'il soit rétabli. Ne te risque pas à opérer sans compagnon contre des malfaiteurs dangereux.
LAURENT
Est-ce que je peux les laisser, cette nuit, jeter le traîneau, comme j'ai appris qu'ils y comptent, sur tout ce pauvre gibier, dans le quartier des Cinq-Champs et dans celui du Moulin-Brûlé!
i66 l'énigme
RAYMOND
Nos meilleures remises!... Les canailles!...
GÉRARD
Tu as raison, Laurent, on ne les laissera pas faire! (A Raymond.) Nous Tescorterons, hein?
RAYMOND
Parbleu, oui!... (a Laurent.) A quelle heure faudra-t-il être en route?
LAURENT
Comme ces gens-là travailleront aussitôt après le coucher de la lune, j'ai décidé de partir sur les quatre heures et demie.
A cette heure-là, viens nous prendre devant le perron. Nous déciderons s'il faut emmener un chien. Je descendrai une lanterne que j'ai làhaut. Et maintenant, va faire un somme... Qu'estce qui te retient?
LAURENT
Vrai, si ces messieurs me permettaient d'avoir une opinion, ce serait qu'ils restent tranquille-