‹ Le révélateur du globe: Christophe Colomb et sa béatification futureChapitre 3 sur 85 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

L'auteur de la préface que voici fut un des prerniersqui parlèrent du beau livre d'histoire — cause et occasion de cet autre livre qu'on publie aujourd'hui (ï).

C'était en 1856. Un homme, en ce temps-là, s'aperçut, un jour, de la monstruosité sous laquelle le monde vivait en paix et allait son train. C'est que Christophe Colomb, — l'un des hommes les plus grands qui aient jamais existé, s'il n'est pas même le plus grand, — n'avait littéralement pas d'histoire. Transporté de honte pour le compte du genre humain, cet homme qui était un écrivain du talent le plus élevé, résolut d'arracher, dans la mesure de ses forces, Christophe Colomb à la destinée <ie silence et d'ingratitudq qui pesait depuis près de <iuatre siècles sur sâ mémoire, et qui avait mis la

li Voir Les Œuvres et Us Hommes, 2» vol. Les Historiens

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grandeur de Toublî en proportion avec la grandeur du service rendu, par lui, au monde tout entier. Jusque-là, de maigres notices, menteuses ou dérisoires, griffonnées sur Christophe Colomb, avaient montré qu'elles étaient dignes des mains qui avaient raturé son nom pour en mettre un autre à sa place sur sa grandiose découverte.... et, pour la première fois, la vie de Christophe Colomb fut écrite.

Malheureusement, le marbre de Foubli est plus dur à égratigner que le mybre d'un tombeau, et il faut bien le dire, cette Histoire de Christophe Co-^ lomb, par le Comte Roselly de Lorgues, malgré tout le bien qu'on en dit, n'eut point, dans un temps, où la publicité se prostitue aux plus basses œuvres littéraires, le succès retentissant que les hommes prennent pour de la gloire. Mais voici qui vengea le livre resté trop obscur ! Voici où la semence de vérité jetée aux vents légers et imbéciles tomba !

Elle tomba dans le cœur du Pape qui gouvernait alors l'Église, et tout à coup, elle y leva ! . . . Dans l'immense grand homme que fut Christophe Colomb, Pie IX vit le saint qu'il fallait en faire sortir, — et de sa main pontificale, — de cette main qui dispose de réternité, — illui prépara son autel. A dater de ce moment, la Béatification de Christophe Coloml^ fut résolue... Pour s'être rencontré avec

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rintuition latente au cœur mystique de Pie IX, le Comte Roselly de Lorgues fut solennellement désigné pour être, en style de chancellerie romaine, « le Postulateur de la Cause auprès de la Sacrée Congrégation des Rites ». C'était la gloire I la gloire manquée, venant tard, mais enfin venue et non pas d'en bas d'où elle vient souvent, mais d'en haut, d'où elle devrait toujours descendre. Malgré tout, en effet, malgré la contagion de la Libre Pensée, ce terrible choléra moderne de la Libre Pensée qui les ronge et qui les diminue chaque jour, les chrétiens sont encore assez nombreux pour faire de la gloire, comme le monde la conçoit et la veut — et, de cela seul que l'Église mettait en question la sainteté de Christophe Colomb, il avait sa gloire, même aux yeux des ennemis de l'Église, qui, au fond, savent très bien, dans ce qui peut leur rester d'âme, qu'il n'y a pas sur la terre de gloire comparable à celle-là !

Et du même coup, le Comte Roselly de Lorgues eut aussi la sienne. Il avait trop indissolublement attaché sa noble vie à la vie colossale de Christophe Colomb pour qu'il fût possible de l'en détacher. Désormais, qui pensera au héros, pensera forcément à l'historien qui l'a raconté. Le Comte Roselly de Lorgues a écrit son nom, à une telle profondeur dans le nom de Christophe Colomb, qu'on ne peut

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