AVANT-PROPOS. XVII
de moi. Ma bonté n'ajouterait rien à la sienne, ma malice n'y ôte rien. Mon inconstance ne Tempêche pas d"etre constant, et il me semble que ma misère même est le meilleur motif comme le meilleur objet de sa miséricorde. i
«J'espère parce que Dieu est mon Dieu, mon Jésus, qui m'a donné son Nom et au Cœur duquel je me suis donné. Malgré toutes mes aberrations et contradictions, au fond je ne sais que Lui et je ne veux que Lui.
« J'espère en Marie, bon gré m^al gré, en Marie qui m'a sauvé du monde et qui me sauvera de moi-même.
c( J'espère dans la Compagnie dont je suis le fils indigne, mais non ingrat. JePauraipeu et mal servie, pourtant je Fai bien aimée, et vraiment j'ai tout aimé et estimé en elle, tout ce qu elle est et tout ce qu'elle a, ses épreuves et ses malheurs.
XVITI AVANT-PROPOS.
« J'espère encore, et beaucoup, dans mon petit et unique trésor spirituel, mon cher livre des Exercices. Je vis de là, je mourrai là : De his vivo^ cum his moriar.
Enfin, j'espère tout, parce que je désespère de tout, excepté de Dieu. Tout n'est rien pour moi, moins que rien.
c( Donc, In /e, Domine^ speravi^ super* sperapî, »
Les conclusions de cet humble réquisitoire seront admirées de tous, sans être sanctionnées par le jugement de ceux qui ont connu le P. de Ponlevoy.
Les pécheurs qu'il a convertis, les justes qu'il a maintenus dans le bien, les pauvres qu'il a assistés, les religieux qu'il a secourus dans leurs missions ou accueillis dans leur exil, témoigneront de sa charité active, constante, désintéressée.