CHAPITRE XII
temps assuré la possession. Je ne puis mieux faire que de lui en exprimer ici toute ma gratitude.
C'est que l'administration n'y allait pas de main morte. Elle s'était mise en tête de faire acclamer le vieil empereur et ne négligeait rien pour arriver à ce résultat. Les souvenirs des précédents voyages n'étaient pas des plus encourageants; mais ne pouvait-on prollter de l'expérience acquise, éviter d'anciennes erreurs, soigner les trompe-Vœil?
Il s'agissait cette fois, non seulement d'abuser l'empereur Guillaume lui-même sur la réalité des sentiments alsaciens-lorrains, mais encore de persuader aux nombreux attachés militaires à la suite de l'état-major, aux représentants de la presse allemande, aux voyageurs attirés de tous les points de l'horizon, par ce spectacle exceptionnel que le pays d'empire acceptait avec reconnaissance la mise en vigueur des institutions nouvelles votées par le Reichstag.
Tout se préparait donc avec l'entrain le plus louable pour la réception de l'empereur Guillaume, c'est-à-dire que le monde officiel allemand se remuait le plus possible. On mettait luxueusement à neuf les appartements princiers de l'ancienne préfecture française au pied de laquelle s'élève encore la statue du préfet Lezai-Marnesia. On y amena-
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geait les logements des gens de service, on établissait des écuries neuves pour les deux cents chevaux de l'état-major. C'est là que devaient descendre l'empereur et l'impératrice. Des appartements particuliers avaient été préparés pour la grande duchesse de Bade Louise-Marie-Élisabeth leur fille, accompagnée de sa dame d'honneur, la baronne de Schônau, pour le général comte Lehndorf, le maréchal du palais comte de Perponcher, les secrétaires d'État Kanski, Artell et Pahl, et pour les comtesses dames du palais de Hacke, de Brandenburg et de Munster.
Il peut être intéressant de savoir quelle suite emmène avec lui un empereur d'Allemagne. Outre les personnages dont je viens de citer les noms, on attendait avec l'empereur et l'impératrice et dans leur suite personnelle : le général de cavalerie comte de Goltz, le commandant en chef du H« corps d'armée allemand d'Obernitz, les généraux-adjudants baron de Steinaycker et d'Albedell, le général à la suite prince de Radziwill, les lieutenants-colonels de Winterfeld et de Lindequist, le major comte d'Arnim, les médecins, les écuyers, les déchiffreurs, les employés du cabinet militaire sous les ordres du lieutenant-colonel de Brauchitsch, ceux du cabinet civil avec leur chef, le conseiller de cabinet de Wilmonski,