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Les réactions focales à la tuberculine

LANNELONGUE a signalé, comme nous l’avons vu, cette sensibilité articulaire spéciale des « petits tuberculeux ».

D'autres observations suivirent, de Poncer, Mira el de nombreux autres cliniciens.

Les faits relatés récemment par F. BEzANcÇoN et ses collaborateurs viennent de remettre cette question à l'ordre du jour. Ils prouvent que les malades attemts de rhumalisme tuberculeux présentent une sensibilité articulaire vive à la tuberculine. Chez eux, les réactions cutanées tuberculiniques sont très intenses, spécialement au niveau des articulations lésées, qui se défendent activement, Ces poussées articulaires, survenant à toute inoculation de tuberculine, s'accompagnent de recrudescence des signes généraux ; elles sont indépendantes de l'évolution générale de la maladie, et surviennent exclusivement au niveau des articulations qui ne présentent. que des lésions atténuées : chez un de ces.malades porleur à la fois de suppurations articulaires franches, de nature tuberculeuse (et non de fonte caséeuse) et de réactions aiguës purement séreuses, la réactivation des phénomènes fluxionnaires ne se voyait qu'au niveau des articulations légèrement atteintes à l’éxclusion des autres. Dans notre observalion personnelle, chacune des injeclions de tuberculine déclanche une véritable poussée polyarticulaire, mais les réactions focales devenaient moins vives à chaque nouvelle injection.

Ces faits soulèvent des problèmes pathogéniques intéressants, mais complexes à résoudre.

S'agit-11 de manifestations d'ordre uniquement protéinique, d'ordre anaphylactique ; ces réveils articulaires surviennent-ils toujours chez des tuberculeux légers, et celle susceptibilité est-elle le fait des seules articulations

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« léchées » par la maladie ; pourquoi présentent-elles celte sensibilité spéciale ?

Il est bien difficile de résoudre en bloc toutes ces questons.

On peut affirmer qu'en général, « ne fait pas de manifestations articulaires tuberculiniques, qui veut », mais seulement le tuberculeux léger, à lésions discrètes, el localement, ce sont avant tout les lésions inflammatoires aiguës el curables qui réagissent à la tuberculine. Il semble s'agir, si l'on interprète la sensibilité tuberculinique, comme une réaction de défense, d'une défense locale plus accusée, au niveau d’arliculations qui réagissent encore bien.

On a voulu comparer les réactions focales à la tuber-culine, à la maladie du sérum, aux arthrites protéiniques ; mais, si dans ces cas, les réactions articulaires revêtent parfois le type subaigu ou chronique ainsi que vient de le montrer M. J. Pavior, dans un récent article, ces arthrites sont en général plus fugaces, moins tenaces que les arthrites tuberculiniques ; de plus, elles n'ont pas ces localisations électives.

Il est évident, d'autre part, que l'introduction de tuberculine dans un organisme atteint mais légèrement par le bacille tuberculeux peut réaliser une véritable injection déchaïînante, avec réaction plus vive au niveau des articulations antérieurement lésées.

Ces phénomènes fluxionnaires peuvent se voir au cours d’injections de substances les plus diverses et nous avons rapporté (obs. XXV) le cas d'un malade atteint depuis deux ans de fluxions polyarticulaires très aiguës

avec manifestations cutanées urlicariennes Ss’accompagnant d'hypertrophie splénique d’adénite axillaire, carolidienne, de nature tuberculeuse et évoluant par véritables accès du type septicémique. Ce malade fit, à la suite de chacune des trois injections de nuclémate de soude qui lui furent faites, une recrudescence de tous les symptômes: polyärthrite, urticaire, adénite et signes

généraux se réactivèrent.

Cette observation peut être rapprochée de la suivante:

OBs. XXXXII. — Bezançon, M.-P. Weil, J. Delarue et V. Oumansky.

Malade de 44 ans.

A 33 ans : Crise avec température à 40, érythème urticarien et prurit.

A 37 ans : Même accident. Après quelques mois de repos, apparition d’un rhumatisme articulaire aigü qui dure 15 jours.

À Ai ans : Polyarthrite aiguë et urticaire ; durée 6 mois.

A 42 ans : Nouvelle poussée de rhumatisme aigü avec urticaire. Persistance d’une hydarthrose des deux genoux qui dure 16 mois.

À 44 ans : 4 crise de rhumatisme articulaire aigu.

Le liquide articulaire des deux genoux, tuberculise le cobaye.

Réactions sanguines : Wassermann, Hecht négatifs.

Vernes résorcine, 79.

Besredka négatif.

Sédimentation très rapide, 60 0, en ? h.

Fibrine:: 7,8.

Radiographie : Suivant les articulations considérées : aux doigts : diminution de l’espace clair, flou de l'interligne, décalcification. Rien aux poignets et genoux. Coude : flou de l'interiigne. Cheville : épine ostéophytique.

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Réactions à la tuberculine :

Cuti-réaction : très fortement positive.

Intra-dermo-réaction. Bras : très positive.

Deux genoux : réactions extrêmement importantes évoluant plusieurs mois.

Sous-cuti-réaction : réaction vive au point d'injection, s’accompagnant de :

Réaction fébrile à 39.

Reprise des douleurs articulaires ; Reviviscence des intra-dermo-réactions.

Il s'agit dans ces deux cas d’une réaction générale el locale extrêmement nette. Cette susceptibilité articulaire et générale est malgré tout surtout mise en évidence par l'injection de tuberculine. A la condition d'éliminer toute sensibilité idiosyncrasique, on peut donner aux réactions focales une valeur diagnostique et peut-être pronostique indéniable ; ces fluxions tuberculiniques, qui sont le plus souvent le témoin d’une atteinte locale légère par le virus tuberculeux atténué, signent une défense locale active.

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