IV. -- RADIOGRAPHIE
La radiographie fournit en certains cas d’utiles renseignements, mais en général elle est incapable de faire à elle seule le diagnostic de rhumatisme tuberculeux. Poxcer concédait déjà que lon ne pouvait tirer d'un cliché un argument de certitude.
La radiographie ne peut donner des résultats, que dans certains rhumatismes chroniques, car dans la plupart des cas, et quelles que soient l’étiologie, l'évolution,
la localisation de cette affection, les lésions articulaires restent essentiellement les mêmes.
L'image décrite par MM. L. Bérarp et Desror, par M. Bari, se rencontre certainement mais de façon inconstante ; nous résumerons celte opinion ainsi : au début on voit apparaître, au niveau des têtes des phalanges, des îlots blanchâtres de raréfaction osseuse, îlots qui se réunissent formant une plaque de décalcification ; puis survient un affaissement du cartilage diarthrodial, et des déformations des têtes articulaires ; le même travail de désagrégation se produit au niveau de la cavité glénoïde, qui se creuse, s'adapte à la tête articulaire. Plus tard, il existe une véritable juxtaposition des deux os, par emboitement, disparition des cartilages. Les lésions des parties molles sont plus responsables de ces déformations extérieures que les lésions osseuses ellesmêmes.
Mais l’on peut obJjecter que la décalcification n'est pas le fait de la seule tuberculose : le gonocoque peut la réaliser aussi, et parfois beaucoup plus rapidement.
Apparaissant chez un malade atteint d'une affection articulaire quelconque, après une longue évolution, elle perd beaucoup de sa valeur, car elle est commune aux infections les plus diverses.
Si au contraire, la décalcification se fait très rapidement, elle est beaucoup plus significative. Cependant dans ce cas, on est en droit de se demander s'il ne s’agit pas d’une ostéo-arthrite tuberculeuse aiguë, ou d’une arthrite blennorragique, et non d’un simple rhumatisme tuberculeux.
Desrernes signale que, s'il a rencontré assez souvent
dans le rhumatisme tuberculeux l'image décrite par MM. Bérarp et Desror, le rhumatisme tuberculeux peut offrir d’autres aspects ; on peut voir un simple empâtement péri-articulaire sans atteinte osseuse (le début du rhumatisme tuberculeux se manifestant, d'après lui, au niveau des parties molles), soit un simple aspect de rhu-malisme banal, avec effacement, saillies ostéophytiques et encoches, soit une image d’arthrite sèche ankylosante, avec atrophie lacunaire de l'interligne mi-conservé, micomblé par des travées osseuses ankylosantes, enfin, destruction latérale des épiphyses.
Nous avons cité enfin les deux observations très curieuses rapportées par Parsseau et Oumaxsky; chez ces deux malades, la radiographie permettait de constater l’association d'ostéo-arthrite tuberculeuse et de rhumatisme chronique déformant goutteux de type divers; ces observations sont une preuve probante que les lésions de tuberculose ostéo-articulaire peuvent coexister avec des lésions de rhumatisme goutteux, mais il faut renoncer
à trouver celle image dans la pratique courante.