Mercure françois, t. XIV, p
3. - Affaires de la roine mère ■>, Arcli. des AIT. étrang., France 773, fol. 223 v°.
4. Dép. de Pesaro du 21 novembre 1022, Bibl. nat., ms. ital. 1779,
Il l'avait appris peu à peu. Comme les gentilshommes, ses sujets, il n'avait pas eu la faculté d'aller en Hollande, s'instruire à l'école du prince d'Orange, la grande école du moment; mais on cherchait à répandre en France les principes qui faisaient le succès de la méthode hollandaise1. On parlait de pousser les études des académies afin d'empêcher les jeunes gens d'aller chercher au dehors des leçons qu'il s'agissait de leur donner aussi complètes que possibles dans le royaume2. Louis XIII, curieux de ce qui concernait le maniement des troupes, employa tous les moyens pour développer ses connaissances. Lui qui lisait si peu, il lut les auteurs anciens, la Tactique d'Elien 3. Apprenant qu'il y avait au fort Louis, près de La Rochelle, un gouverneur, M. Arnauld, maître de camp du régiment de Champagne, qui entraînait son monde et passait pour un officier remarquable, il envoyait un lieutenant des gardes s'engager incognito comme simple soldat dans la garnison de cet officier pour suivre ses méthodes; puis, le lieutenant rentré à Paris au bout de deux mois, Louis XIII s'enfermait avec lui des heures, écoutant ses explications et réalisant au moyen de soldats de plomb, les formations inédites signalées 4. Lorsqu'il passait sur l'emplacement de
p. 50; voir surtout le développement de Jean Danès (Toutes les actions du règne de Louis XIII, p. 396) qui expose longuement et avec détails la science du roi.
1. On se communiquait des mémoires manuscrits contenant « les lois militaires selon lesquelles tous capitaines, officiers et soldats de Mgr le prince d'Orange ont à se conduire. » Bibl. nat., ms. fr. 15 955, fol. 266 r°.