‹ Le rio Louis XIII à vingt ansChapitre 150 sur 349 · Bibl. nat., ms. fr. 3722, fol. 184 r · texte numérisé non relu

Bibl. nat., ms. fr. 3722, fol. 184 r

4. La lettre que lui écrit Louis XIII est datée du 22 septembre 1624, Ibid., fol. 184 r°. Voir aussi Maz. 2127, fol. 176 v°.

général du diocèse de Gap, le P. Mare- Antoine, gardien des capucins, délégués de l'évêque, et Pierre Léotaud. lieutenant du juge du lieu qui dressa l'acte. Il y avait foule. Les chantres entonnèrent le Veni Creator; M. de Montmorin lut l'acte d'abjuration à genoux, à l'entrée du chœur, d'une voix haute; le vicaire général prononça la formule d'absolution; puis le père capucin menant le nouveau converti dans un confessionnal lui fit faire sa confession générale; après quoi messire Arnaud chanta la messe à laquelle M. de Montmorin communia. Au milieu de l'office le P. Marc-Antoine montait en chaire où il déduisait les enseignements qui se dégageaient de la cérémonie du jour : la messe finie, tout le monde se rendit au château : les félicitations s'échangèrent : Visconti, glissa dans la main de M. de Montmorin les brevets de sa pension et d'une compagnie au régiment d'Estissac, plus, cent livres pour bâtir une chapelle au château; après quoi on alla déjeuner1.

M. de Gerjaye, nom bien connu des historiens protestants du pays, se contenta d'une compagnie dans un vieux régiment; son frère, M. Jean de Houx, seigneur de Sicotières, d'un brevet de capitaine; M. de Pontis, « l'aine de celui qui est aux gardes », fut nommé maître de camp et fit abjurer sa femme2.

1. Procès-verbal de la cérémonie dressé par Pierre Léotaud, lieutenant du juge ordinaire de Bruis, lbid., fol. 170 r" et suiv. Visconti écrivait ensuite, [unir Tronson, dans ses comptes : ■< plus, le 3 novembre (1624) pour la dépense du prand vicaire de Gap et deux pères capucins faits venir a Bruis pour l'abjuration du sieur de Montmorin, 40 livres, el 100 livres paye.- pour l'érection d'une chapelle audit Bruis, comme appert par acte public envoyé à M. Tronson » (fol. 168 r°).

1. lbid., fol. 11 i". 171 r°, 164 r°, 184 r°, 168 y», 104 v . 162 r°. Sur l'abjuration de madame de Pontis, voir le Hullet. de la Soc. de l'hist. du prot. français, t. II, p. '411.

Il y eut une extrême variété dans les demandes faites au roi comme « témoignages de sa bienveillance ». M. de Saint-Sauveur eut 3 000 livres de pension, le titre de capitaine de chevau-légers, une lieutenance pour son fils aine, un drapeau d'enseigne pour le cadet. M. de Nyons était satisfait avec une pension de 3000 livres, à condition, ajoutait-il, qu'elle fût payée. M. de Camprieu voulait une rente de 100 livres de blé que le roi prélevait sur sa seigneurie de Camprieu, un brevet de gentilhomme de la Chambre, et une pension de 4 000 livres. Plus modeste, M. d'Alons implorait « quelque don, étant pauvre et chargé d'enfants, pour loger deux filles dans des monastères » ; et un certain La Roze, criminel fieffé, « pauvre aussi, noirci d'assassinats et de méfaits », quémandait l'amnistie de ses crimes, «bien aise qu'il étoit de se mettre à couvert et de s'acquérir du repos pour le reste de sa vie ! » *.

La majorité des demandes concernèrent des charges militaires. On voulait être maître de camp, capitaine, surtout capitaine dans un vieux régiment, les vieux régiments étant permanents et les autres risquant d'être licenciés à la fin de l'été. On voulait être gouverneur de place, ou, si on l'était, en voir augmenter la garnison. M. de Saint-Estève postula un commandement maritime; il demandait « un vaisseau sur mer » et, comme il n'entendait rien au métier, « il bailleroit la conduite du dit vaisseau au sieur de Pontis, le cadet, écuyer de Malte qui était bien versé » '-. Quelques-uns, mal assurés,

1. Maz. 2127, fol. 103 r°, 162 r°, il r°, 12 r°, 104 v°, 114 v°.

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