Harangue faite au roi par la reine mère, 1622, in
d'amère humiliation ; il en éprouvera de la honte; il dira au père de Saint-Simon combien il s'était trompé1.
Ce fut à partir du moment où Luynes devenu connétable, ne conserva plus de mesure que le roi sentit le poids excessif de cette faveur démesurée2. Il était bon, il aimait toujours, il n'osa rien dire. Le connétable se montrait impérieux ; par timidité, Louis XIII ne résistait pas2. Mais la lente évolution de ses sentiments finissait par se trahir. L'entourage remarquait que Louis XIII se mettait à se moquer de son favori, à rire de ses prétentions à connaître les choses de la guerre, auxquelles il n'entendait rien \ Enhardis, les courtisans répondaient. Les ministres, surtout M. de Puisieux, se hasardèrent, et on s'aperçut que Louis XIII, loin de protester, écoutait avec satisfaction". Evidemment, le mécontentement à l'égard du favori, grandissait. Inquiet, un confident de Luynes, M. de Contades, prévint celui-ci: Luynes n'attacha pas d'importance à la communication 6. De son coté, Bassompierre, au courant, crut devoir avertir le connétable : « Il me répondit », écrit Bassompierre, « qu'il me savoit gré et se sentoit obligé du soin que j'avois de sa conservation, mais que je me reposasse sur l'assurance qu'il me donnoit; qu'il connaissoit le roi jusques au plus profond de son àme; qu'il savoit les moyens par lesquels
1. Saint-Simon, Parallèle des trois premiers rois Bourbon*, p. 34.