‹ Le rio Louis XIII à vingt ansChapitre 271 sur 349 · Avenel, Lettres de Richelieu, t. VII, p · texte numérisé non relu

Avenel, Lettres de Richelieu, t. VII, p

comme il était, s'il pouvait céder un moment à l'abattement produit par une déception, en raison de sa nature combative, de ce besoin d'action qu'il a eu à un si haut degré, il n'allait pas tarder à se ressaisir.

Bien que la cour de Rome n'admit pas volontiers que le roi de France exilât si facilement un évêque, néanmoins elle avait ordonné d'accueillir aimablement Richelieu en terre avignonnaise l. Le vice-légat d'Avignon Jean François Bagni, archevêque de Patras, reçut gracieusement les exilés, leur recommanda de ne pas donner « ombre de préoccupation aux ministres du roi» et se montra des plus prévenants2. « Je ne puis oublier,, lui écrivait plus tard Richelieu, les courtoisies que j'ai reçues de vous durant le séjour que j'ai fait en vos quartiers3 ».

Richelieu allait être surveillé, il devait être prudent. Il s'installa avec son frère et son beau-frère et régla sa vie : il verrait peu de monde; il partagerait son temps entre des travaux théologiques et la fréquentation de quelques religieux augustins ou récollets dont les couvents étaient voisins de sa maison4. « J'ai vu et su, mandait

1. Lettre du cardinal Borghèse, secrétaire d'État du Saint-Siège, au nonce à Paris, du 30 mai 1618, dans Bentivoglio, Lettere, t. II, p. 428. Sur le mécontentement de Rome au sujet de l'exil de l'évêque, cf. la dépèche de l'ambassadeur à Rome, Marquemont, du 17 mai 1G18 et la réponse de Puisieux du 5 juin, Bibl. Mazarine, ms. 1826, cité par L. Lacroix, Richelieu à Luçon, p. 238 et 239.

2. Bentivoglio, Lettere, t. II, p. 429: puis, lettre de l'archevêque de Patras, vice-légat d'Avignon, à Louis XIII, datée d'Avignon, 12 mai 1618, par laquelle il accuse réception au roi de France de la lettre que Sa Majesté lui a adressée le 23 avril afin de lui annoncer l'arrivée des exilés, et se met aux ordres du roi, Bibl. nat., ms. Clairambault 374, fol. 95 r°.

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