Ibid., t. !, p
avril 1620, que le roi trouve fort étrange la procédure de la reine et que l'on n'en peut attribuer la cause qu'à lui seul1 (Luçon) ». Luynes mandait à Richelieu : « Tout dépend de vous, car, pour la reine, nous sommes trop assurés de ses bonnes et saintes intentions, pourvu que les vérités aillent jusqu'à ses oreilles : nous avons jusques à cette heure cru de vous ce que l'on doit d'un homme de bien2». Louis XIII menaçait l'évêque ; il chargeait M. de Montbazon de dire à sa mère, « qu'elle donnoit trop de créance aux avis de M. de Luçon et que, s'il continuoit, le roi pourroit bien la supplier de l'éloigner d'elle3 ». Aux menaces de Montbazon, Richelieu répondit, d'une façon évasive, « qu'il étoit assuré qu'en servant la reine il ne mériteroit jamais que la louange qui est due à ceux qui font leur devoir » ; que quant aux menaces, « elles ne lui feroient aucune peur4 ». Il s'était compromis ; il n'avait plus qu'à aller jusqu'au bout, et pousser les choses au pis!
Il prépara la révolte; il négocia avec les grands, fit main basse, au nom de la reine, sur les impôts. — ce dont Louis XIII sera si indigné qu'il désignera nommément Richelieu dans un document public pour le lui reprocher, — rédigea les manifestes de l'ancienne régente3. Mais il était trop fin pour ne pas sentir com-