Lettre duMionee du 13 octobre 1020, Ibid., p
6. Lettre de Puisieux au nonce, datée d'Arsac, 14 octobre 1620, Ibid., t. IV, p. 449 et 402.
L ASCENSION DE RICHELIEE. 605
gante, reprenait le nonce, écrivant au cardinal secrétaire d'Etat, est certainement cette insistance que met la reine mère à poursuivre ce cardinalat; on voit bien par là l'ambition effrénée de Luçon. Mais Dieu le mortifiera par la honte qu'il aura d'être exclu ! » ' Une lettre de l'évèque d'Orléans, en novembre, prévenait en effet Richelieu que son affaire ne marchait pas -. Richelieu redoublait d'efforts. « Je ne vois pas la reine mère, mandait Bentivoglio, en décembre 1620, qu'elle ne me fasse instance pour Luçon; » « Luçon et la reine mère pressent dans cette affaire avec une violence extrême 3» . La prédiction du nonce devait se réaliser. Le 11 jan-^ vier 1621 la promotion au cardinalat était officiellement rendue publique. Bentivoglio y figurait : Richelieu n'était pas nommé*.
Ce fut pour lui une cruelle déception! Mais il demeura impénétrable. Il conservait l'aide et le soutien de Marie de Médicis; il attendrait : il attendra deux ans.
Les mois qui suivirent, il s'effaça. Il travaillait à gagner de plus en plus l'esprit de la reine mère. En février 1621 l'envoyé florentin écrivait qu'il jouissait auprès d'elle « d'une autorité suprême5 ». Le P. Joseph ne parlait des deux personnages qu'en les appelant « la reine et son ami... »6 Les fonctions de surintendant de la
1. Lettre du nonce du 21 octobre 1620, Bentivoglio, Lettere, t. IV, p. 448.
2. Lettre de Charles de l'Aubespine, évèque d'Orléans, à Richelieu, du 12 novembre 1620, Avenel, Lettres de Richelieu, t. VII, p. 450.