Ibid., 4026, fol. 143 v°, 238 r°, 409 r
5. Avec cette note manuscrite : « Ici défaut la suite du présent journal durant onze mois, douze jours, avec quelques autres interruptions, qui ont été misérablement perdus, gouspillés et vilainement employés par la veuve du feu sieur Héroard ». Ibid., 4027, fol. 292 r°.
:i Dieu, et qu'il attribuait son état satisfaisant à ce qu'il faisait beaucoup d'exercice à la cbosse, ce qui était, par surcroît, pour lui, un grand plaisir; puis, à propos de son :li inier voyage, il faisait allusion à une petite maison, picciola casa, qu'il bâtissait à Versailles par manière d'amusement '.
D'après les usages de cour, lorsque le roi quittait Paris, il allait résider dans un des châteaux royaux de la couronne, Compiègnc, Saint-Germain, Fontainebleau, Montceaux, \ illers-Cotterets. La reine et le Conseil le suivaient. Nous avons dit que Louis XIII se passait volontiers à ce moment de la compagnie de la reine, et que d'autre part, il était excédé vers cette époque, de la fin de 1623, par ses ministres -qui l'accablaient de séances de conseil. Les mêmes usages de cour n'autorisant pas reines et ministres à quitter facilement les grandes résidences royales pour suivre le roi dans ses pérégrinations changeantes, — sauf le cas de campagne militaire ou de voyage lointain, — le roi pouvait à la rigueur s'absenter quelques jours sans qu'on le suivît, mais c'était pour aller chez les autres, dans des conditions gênantes.
En construisant une maison, qui ne figurerait pas dans la liste des châteaux royaux, Louis XIII pourrait échapper à ceux qui l'obsédaient. De fait, jamais le gouvernement, sous Louis XIII, n'a m siégé » à Versailles2. Le roi voulut un bâtiment assez petit pour n'y loger que juste sa suite : les femmes ne devaient être admises à Versailles qu'en passant, pour un repas.
Le lieu fut bien choisi, en pleine campagne, au milieu de cette vallée de 5 à fi kilomètres de large, entre Hocquencourt et Satory, sur cette butte de Versailles, dominant le pays
1. Mi diede parte de! suo ultimo viaggio, e d'una picciola casa che
fa fal>rir,i n- a Versaglia per ricreatione. » Dépèche de G. l'esaro du Il juillet Ki2',. Bibl. nat., ms. italien 1782, p. 376.
2. Le fait di' la présence officielle du gouvernement dans Im endroil adiqué par les séances du Conseil d'État qui s'y tiennent. Nous
avons des arrêts du Conseil datés de- châteaux que nous venons de mentionner: qous n'en avons pas datés de Versailles, pour l'époque qui non- occupe.
d'une vingtaine de mètres, à deux pas du petit bois où Louis XIII devait si souvent aller chasser. Ce fut un des quatre secrétaires du cabinet qu'on chargea de l'opération : à partir de 1626, le fidèle Michel Lucas, homme de confiance, exact et précis; avant cette date, Charles de Loménie, frère de François de Loménie, secrétaire de 1617 à 1628 *. Y a-t-il un rapport entre la présence de Charles de Loménie au •cabinet du roi et le choix du terroir de Versailles pour y bâtir? Ce n'est pas impossible.
L'affaire ne fut pas confiée aux services des bâtiments. Soucieux de n'entreprendre qu'une construction modeste, Louis XIII décida que les frais seraient supportés par le chapitre de son budget dit des « menus plaisirs » -. Il était assez préoccupé de l'état des finances publiques à ce moment. Chaque année se chiffrait par des déficits 3. Ce n'était pas le moment d'engager des dépenses inutiles. Il ne fallait pas songer à imputer les frais de Versailles au chapitre des bâtiments. Le crédit de ce service pour 1623 n'était que de 369642 livres, en diminution sur celui de l'année précédente qui avait été de 397 650 livres; on prévoyait bien pour 1624 une augmentation portant le chapitre à 506 850 livres4; mais nombre de travaux étaient en cours d'exécution qu'il fallait poursuivre : la salle du Palais de Justice de Paris, le pont Saint-Michel, des fontaines en nombre; surtout la
1. Bibl. nat., ms. fr. "Soi, fol. 286 v°. Il est à remarquer que le fils de Martial de Loménie, Antoine de Loménie, a été aussi secrétaire du cabinet à partir de 1610, de même que le (ils de celui-ci, Henri-Auguste; <iue François de Loménie, gendre de Martial, l'a été également : son frère, Charles de Loménie lui a succédé. Louis XIII était donc entouré de toute cette famille.