G. Bernard, Hist. de Louis XIII, t. I, p
lui, le soir, souvent tard, jusqu'à onze heures. A table, en campagne, Louis XIII menait la conversation, riant. Dans ses moments de gaieté il tutoyait. Tallemanl assure qu'on lui attribuait « de plaisantes choses », notamment certaines chansons gaies. Même facile et aimable, comme son père Henri IV, il permettait à son égard, au moins pour quelques intimes, cette liberté d'allure, spirituelle, familière, qui était assez courante avec la majesté royale du début du xvne siècle, et ne le sera plus guère avec celle de la fin : « Sire, me faitesvous la mine à bon escient ou si vous vous moquez de moi? » lui disait un jour Bassompierre, voulant avoir le cœur net de certaine froideur du roi1. A tout instant, dans le journal d'Héroard, on lit : « gai, s'entretient avec les seigneurs, rit, chantonne 2. » Bien qu'il n'eut rien à proprement parler de brillant et qu'il ne fut pas ce que nous appellerions « un homme d'esprit », on citait néanmoins de ses réparties. Une fois, à Rouen, à la cathédrale, assistant à l'abjuration d'un ministre protestant, comme il était contraint par le flot du public de reculer jusqu'aux stalles des chanoines et, pour mieux voir, de monter dessus, un huguenot connu, qui était là, lui jetait quelques mots en riant. « Je monterais encore bien plus haut pour vous voir, si vous en faisiez autant ! » ripostait le prince3. Il était jovial à ses heures. Il se divertit fort, certain jour, près de Saint-Germain, où il se
1. Bassompierre, Journal, éd. Chantérac, t. Il, p. 215, 222, 223; Talleraant, Historiettes, éd. P. Paris, t. II, p. 242; Héroard, Bibl. nat. ms. fr, 4027, fol. 62 v°.