‹ Le rio Louis XIII à vingt ansChapitre 63 sur 349 · J. B. Matthieu, op. cit., t. II, p · texte numérisé non relu

J. B. Matthieu, op. cit., t. II, p

3. Reçu de 300 livres de Salazar « qui enseigne la langue espagnole au roi », 22 janvier 1615 : E. Charavay, Collection de lettres autographes du règne de Louis XIII, p. 23. Voir, A. Morel-Fatio, Ambrosio de Salazar et l'étude de Vespagnol en France sous Louis XIII, Paris, Picard, 1900, in-16.

4. « L'entend bien. » Héroard, Bibl. nat., ms. fr. 4025, fol. 439 r°.

5. Héroard, Journal, éd. Soulié, t. II, p. 77, 93. « Dictionnaire géographique abrégé; conseils au jeune roi sur sa conduite privée et sur son gouvernement, extraits des ouvrages de Tertullien », Bibl. Mazarine, ms. n° 2122.

6. Anecdotes de l'histoire de France tirées de la bouche de M. du Vair dans Mém. de Marguerite de Valois, éd. Lalanne, 1858, p. 295.

Il ne lira pas. A peine feuilletait-il les œuvres d'Elien sur la fortification, de du Fouilloux sur la chasse. Une fois, M. Ménard, lieutenant de la prévôté d'Angers, lui offrait un exemplaire de l'histoire de Saint-Louis de Joinville, qu'il venait de publier « selon le vieil langage du temps. Quand on dit au roi que c'estoit le langage que parloit Saint-Louis, il se mit à lire si avidemment qu'il y fut une grosse demi-heure, sans que l'on l'en put divertir, et prenoit un grand plaisir à le lire et rioit de bon cœur, quand il trouvoit quelque ramage extravagant du siècle ' ». C'est tout. Henri IV d'ailleurs ne lisait pas non plus. Il n'y a pas lieu de tenir compte des gages, gratifications, pensions, accordés aux écrivains, annalistes, historiographes, bibliothécaires du roi par Louis XIII : c'était une tradition administrative, automatique et régulière 2.

S'il n'a pas été attiré vers les lettres, en revanche Louis XIII a eu le goût des arts. Il l'a eu d'une façon prononcée. Il aima tous les arts, peinture, sculpture, musique. Il les aima en praticien, curieux de manier le pinceau, de modeler, d'exécuter un air ou d'en composer. Il n'y mettait aucune prétention, ne se croyait pas un artiste : il y apporta beaucoup de suite et d'efforts. « Après qu'il avoit vaqué aux affaires, il donnoit ordinairement

1. Chaulnes, Relation exacte, p. 475. Voici le titre du livre de Ménard : Histoire de S. Loys IX du nom, roy de France, par Messire Jean sire de Joinville; nouvellement mise en lumière, suivant l'original ancien de l'autheur, par M. Claude Ménard. Paris, S. Cramoisy, 1617, in-4°.

2. Extraits des comptes de l'Épargne, Bibl. de Rouen, ms. Leber n° 3431. Louis XIII donnait 500 écus à Malherbe pour un sonnet (lettre de Malherbe à M. du Bouillon, du 28 février 1624, dans Œuvres, éd. Lalanne, t. IV, p. 64); mais il en donnait autant à un certain Jean Bonnefons, de Bar-sur-Seine, pour ses poésies (arrêt du conseil du 30 décembre 1619, Arch. nat., EL 62 <=., fol. 147 r°).

les heures d'après dîner pour se divertir; il prenoit un pinceau, parfois pour ébaucher un tableau et comme il abondoit en jugement, aussi se plaisoit-il en la partie de la peinture qui est la plus judicieuse, savoir à la pourtraiture, qu'il entendoit à merveille ' ».

Enfant, il avait aimé griffonner de petits dessins que le médecin Héroard nous a conservés pieusement intercalés dans son journal2. Lorsque le petit prince avait dix ans, le public savait sa prédilection pour la peinture et en augurait bien : c'est « une science, disait l'Estoile, de laquelle on dit que jamais tête de lourdaud ne fut capable3! » Les précepteurs s'élevaient contre ces goûts inutiles : «,pour les arts, s'écriait Vauquelin des Yveteaux, Sa Majesté doit plutôt en tirer de l'utilité et du contentement par autrui que par lui-même. En peinture, c'est assez qu'il puisse juger de la bonne ou mauvaise composition d'un tableau, de la beauté des sujets... Les princes qui ont été les plus savants en cela ne sont pas ceux qui ont mis leurs affaires en meilleur état4! » Louis XIII n'écouta pas.

Il prit des leçons du peintre Jacob Bunel; il se fit donner des conseils par les artistes attachés à sa maison avec les titres honorifiques de valet de chambre, ou de valet de la garde-robe : Beaubrun, Daniel du Monstier, Nicolas Duchesne5. Il dessinait aux cravons de couleur,

1. Jean Danès, Toutes les actions du règne de Lotus XIII, p. 398.

2. Quelques-uns ont été reproduits dans le Magasin pittoresque, 1865, p. 212 et 213.

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