VIT < AVANT-PROPOS
qu’elle eût donné un volume hors de proportion avec l’imporlance du sujet traité. Nous nous déci; dons, en conséquence, à reproduire les articles tels qu'ils ont paru. Nous y joignons simplement l'indication des principales recherches entreprises sur la question du comique dans les trente dernières années. |
Hecker, Physiologie und Psychologie des Lachens und des Komischen, 1873.
Dumont, Théorie scientifique de la sensibilité, 1875, p. 202 et suiv. Cf., du même auteur, Les causes du rire, 1862. |
Courdaveaux, Études sur le comique, 1875,
Darwin, L'expression des émolions;'trad. fr., 1877, p. 214 et suiv.
Philbert, Le rire, 1883.
. Bain, Les émotions et la volonté, trad. fr., 1885, P: 249 et suiv.
Kraepelin, Zur Psychologie des Komischen (Philos. Studien, vol. IT, 1885).
Piderit, La mimique et ia physiognomonie, trad. fr., 1888, p. 146 et suiv.
Spencer, Essais, trad. fr. 1891, vol. I, P- Re et suiv.,
Phy sioloqe du rire.
AVANT-PROPOS | Vil
Penjon, Le rire et la liberté (Revue philosophique, 1893, ft H):
Mélinand. Pourquoi rit-on? (Revue des Deux-Mondes, février 1895).
Ribot, La psychologie des sentiments, 1896, p. 342 et suiv.
Lacombe, Du comique et du spirituel (Revue de mélaphysique et de morale, 1897).
Stanley Hall and A. Allin, The psychology of laughung, tickling and the comic (American journal of Psychology, vol. IX, 1897).
Lipps, Xonuk und Humor, 1898. Cf., du même auteur, Psychologie der Komik (Plhilosophische Monalshefle, vol. XXIV, XXV).
Heymans, Zur Psychologie der Komik (Zeitschr. [. Psych.
Phys. der Sinnesorgane, vol. XX, 1899).
Ueberhorst, Das Komische, 1899.
Paris, avril 1900.
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CITAPITRE PREMIER
DU COMIQUE EN GÉNÉRAL. LE COMIQIE DES FORMES ET LE COMIQUE DES MOUVEMENTS. FORCE D EXPAN- SION DU COMIQUE.
Que signifie le rire? Qu’y at-il au fond du risible? Que trouverail-on de commun entre une grimace de pitre, un Jeu de mots, un quiproquo de vaudeville, une scènc de fine comédie ? Quelle distillation nous donnera l'essence, toujours la même, à laquelle tant de produits divers emprunlent ou leur indiscrète odeur ou leur parfum dé licat? Les plus grands penseurs, depuis Aristote, se sont attaqués à ce peut problème, qui toujours
se dérobe sous l'effort, glisse, s'échappe, se re-
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dresse, impertinent défi jeté à la spéculation shilosophique.
Notre excuse, pour aborder le problème à notra tour, est que nous ne viserons pas à enfermer la fantaisie comique dans une définition. Nous voyons en elle, avant tout, quelque chose de vivant. Nous la traiterons, si légère soit-elle, avec le respect qu’on doit à la vie. Nous nous bornerons à la regarder grandir et s'épanouir. De forme en forme, par gradations insensibles, elle accomplira sous nos yeux de bien singulières métamorphoses. Nous ne dédaignerons rien de ce que nous aurons vu. Peut-être gagnerons-nous d’ailleurs à ce contact soutenu quelque chose de plus souple qu'une définition théorique, — une connaissance pratique et intime, comme celle qui naît d'une longue camaraderie. Et peut-être trouverons-nous aussi que nous avons fait, sans le vouioir, une connaissance utile. Raisonnable, à sa façon, jusque dans ses plus grands écarts, méthodique dans sa folie, rêvant, je le veux bien, mais évoquant en rêve des visions qui sont tout de suite acceptées et comprises d’une
société entière, comment la fantaisie comique ne
nous renseignerait-clle pas sur les procédés de travail de l'imagination hunvune, et plus particuhèrement de l'imagination sociale, collective, po- | pulaire? Issue de la vie réelle, apparentée à l'art, comment ne nous dirait-elle pas aussi son mot sur l’art et sur la vie?
Nous allons présenter d’abord trois observations que nous tenons pour fondamentales. Elles porlent moins sur le comique lui-même que sur la
place où il faut le chercher.
Voici le premier point sur lequel j'appellerai l'attention. Il n'y à pas de comique en dehors de ce qui est proprement humain. Un paysage pourra être beau, gracieux, sublime, insignifiant ou laid : il ne sera jamais risible. On rira d’un animal, mai parce qu'on aura surpris chez lui une attitude
d'homme ou une expression humaine. On rira