I. — Introduction
Le rituel du culte divin qui fait l’objet de cette étude a été retrouvé gravé sur les murs d’un temple et écrit sur papyrus. Le temple est celui de Séti 1®“' à Abydos' : la divinité principale y est Osiris, le dieu des morts, le « maître d’Abydos»; mais d’autres dieux, Ilorus, Isis, Amon, Harmakliis, Plitali et le roi fondateur Séti Lq sont associés à son culte. Aussi trouve-t-on dans le temple, au lieu d’un seul sanctuaire, sept salles parallèles, portant dans les dédicaces les noms caractéristiques du « Saint des Saints », et consacrées à Osiris et aux six divinités parcdres. La salle du roi a une décoration particulière où sont reproduites les fêtes solennelles du culte royal (naissance divine, renouvellements du couronnement, hebou Sed) plutôt que les rites religieux; mais dans les six autres salles il y a identité de décoration. « Les six chambres sont, en effet, ornées d’un même ensemble de trente-six tableaux qui se répètent d’une chambre à l’autre avec les seuls changements
1 . Il a été déblayé par Mariette à partir de 1859 et publié à partir de 1869, sous le titre : Abydos, t. I, temple de Séti.
ANNALES DU MUSÉE GUIMET
que nécessite la différence des noms et des figures de divinités. Ces tableaux sont relatifs aux cérémonies que le roi devait célébrer successivement dans les six chambres. Le roi .se présentait au coté droit de la porte, parcourait la salle dans tout son pourtour, et sortait par le côté gauche. Chemin faisant, il adorait la forme locale du dieu, en récitant, soit devant chacun des trente-six tableaux, soit devant les images et les statues qui devaient exister en nature dans la chambre, le texte de l’un des trente-six chapitres' », gravés sur les murs. INIariette a eu le soin de publier inté-' gralement les tableaux et les textes’. Ceux-ci ne présentent entre eux que des variantes de détail : on fut donc autorisé à penser qu’à la XIX*^ dynastie, le culte des dieux Osiris, Horus, Amon, Phtah, Harmakhis, et de la déesse Isis se célébrait à Abydos d’après un rituel commun.
Le même rituel a été retrouvé en partie sur le papyrus n° 3055 du musée de Berlin. Une analyse détaillée de celui-ci a été publiée en 1882 par M. Oscar von Lemm’; et depuis 1896 n\\ fac-similé du texte hiératique a été mis à la disposition des égyptologues'. Le manuscrit, qui ne comprend pas moins de 5 mètres de long sur 25 centimètres de large, est d’une belle écriture de la fin de la période thébaine. 11 porte comme titre : « Commencement des chapitres des rites divins faits dans la maison d’Amon-Rà, roi des dieux (c’est-à-dire à Thèbes), au cours de chaque jour, par le grand prêtre de service en ce jour ». Ces « chapitres » sont au nombre de soixante-six; la plupart d’entre eux se retrouvent dans deux papyrus (n°® 3014 et 3053) du musée de Berlin, consacrés au rituel de la déesse Moût (épouse