OLIVIER, MADELEINE
MADELEINE, arrêtant Olivier, qui, sans lui adresser la parole, se dirige vers
l’habitation.
Où allez-vous?
OLIVIER
Vous le voyez, je vais rejoindre mes convives.
MADELEINE
Ainsi, vous n’avez rien à me dire?...
OLIVIER
Vous devez apprécier mon silence.
MADELEINE
Olivier!...
OLIVIER
Que vous faut-il encore?.. Je suis insulté par votre amant, je me bats pour vous, vous me compromettez aux yeux de ma famille...
MADELEINE, l’interrompant.
Allons, pas de prétexte!.. Vous voulez une rupture?., soit... Mais pas de lâcheté, pas de mensonge !.. (Sur un mouvement d’Olivier.) Ne répondez pas encore! Votre implacable égoïsme vous a soufflé tout bas cette mauvaise pensée. Ah! tenez, la vérité s’échappe de mes lèvres malgré moi, et je me demande avec effroi si ce que j’aimais en vous c’était bien vous, ou si ce n’était pas plutôt le masque de l’amour dont vous couvriez vos traits. Vous voyez que je suis franche, Olivier, trop franche. Je creuse un abîme entre nous, et j’ai tort, je lésais, car une femme n'a pas le droit de se tromper ainsi sans se perdre aux yeux du monde et peutêtre aussi dans sa propre estime. J’attendrai donc, j’attendrai jusqu’à demain qu’une bonne parole sorte de votre cœur... Si cette parole ne vient pas, ce n’est plus à vous, c’est à Dieu que j’irai demander l’appui que vous m’aurez refusé, (cris à l’intérieur.) Oïl VOUS appelle... Adieu ! (Elle monte au pavillon.)
OLIVIER
Madeleine!..
MADELEINE
Souvenez-vous, Olivier, souvenez-vous! (Elle rentre. Ribeaupierre paraît i la porte de l’habitation.)