L* ROCHER DE SISYPHE
PREMIÈRE DAME
Pardieu !
TOUTES. t
Ils ne viendront pas!
LE DOMESTIQUE, annonçant.
Monsieur et madame de Castel-Gonthier. \
TOUTES
Ah!
MONTBEL, aux dames.
Les paris sont ouverts ! (on euicnd un murmure approbatif dans te second salon. Henri et Madeleiuc paraissent. Madeleine est rayonnante de santé et de bonheur; elle s avance au bras de son mari pour saluer la duchesse qui marche au-devant d’eux.)
LA DUCHESSE
Mais arrivez donc; n'êtcs-vous pas le héros de cette fête? Les murs sont des échos qui répètent votre nom depuis deux heures.
HENRI
Chère duchesse!...
MONTBEL
Que je sois le premier à vous serrer la main!
HENRI
Bon docteur !
LA DUCHESSE
Soyez le bien-venu, Henri, ce n’est pas au puissant de demain que ces paroles s’adressent, c’est à l’ami d'hier.
HENRI
Et c’est l’ami d’hier, l’ami de demain, l’ami de toujours, madame la duchesse, qui reçoit vos bonnes paroles comme une récompense du bien qu’il n'a pu faire encore; mais qu’il espère accomplir!
LA DUCHESSE
Mais présentez-moi donc notre chère marquise.
HENRI, reprenant Madeleine au docteur.
Madeleine! madame la duchesse, ma seconde, hélas! ma seule mère!
LA D'JCHESSE.
Vous le voyez, chère Madame, Henri était presque un fils pour nous... Laissez-moi croire que vous, vous serez tout à fait ma fille.
MADELEINE
Ah! Madame, qu’ai-je fait pour mériter tant de bontés!...
LA DUCHESSE
Vous êtes belle, Madame... et j’ai toujours pensé que la beauté, c’est l’empreinte physique dont Dieu marque ses créatures de prédilection... N’est- il pas vrai, heureux Henri?...
HENRI
Oh! oui, bien heureux! si heureux qu’il me semble être sous le coup d’un grand malheur! Ah ! je ne sais ce que l’avenir me rérerve, mais jusqu’ici ma vie n’a été qu’un long épauouisse-