‹ Le rôdeur français, ou, Les mœurs du jour [signed De R..... ]Chapitre 26 sur 42 · A L*OCCASION D'UN ROMAN HODERN · texte numérisé non relu

A L*OCCASION D'UN ROMAN HODERN

Zt toilà )ustem«ni' eomjD* on écrit l'htttvirf*

Jb venais d'achever délire le dernier ouvrage de madame de Genlis y et mes yeux ^'étaient fermas malgré moi. Transporté en songe au mi' lieu des Champs-Elyséens^ séjour des ombre»

iHustres y j'aperçus ^ assis sous un berceau de roses et de lauriers y deux personnages célèbres ^ qu'à leur langage je reconnus facilement. Xi^un était ce prince français qui , sujet rebelle et monarque généreux y fit oublier y par la sagesse de son règne ^ les errétit? de* sa jeunesse^ etmérita^ par ses hautes vertus^ le surnom ^loxieux de Père-du-PeupIe, La bonté de sou ame

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DES MOETS y etc. iSy

peignait dans ses traits^ un sourire indulgent ibellissait sa physionomie , et ses lèvres semaient encore murmurer ces belles paroles :

(c Ce n'est pas au Roi de France h venger

les injures du duc d'Orlëans. Si La Trimouille

a bien servi son maître contre moi , il me

servira de même contre ceux qui seraient

tentés de troubler l'Etat. »Â ses c6tës était pla-

fe cette jeune^rincesse^ Fobjet de son amour

: Tépôuse de son choix, qui ^ deux fois Reine

i France^ apporta deux fois en dot à ses maris

i duché de Bretagne qui^ trois sdècles après ^

ïvint le boulevard de la monarchie française^

le refuge des défenseurs du trône et â»

lUteL

Anne tenait à la main le roman que j[e venais > quitter *, il paraissait n'avoir que médiocre* eut captivé son attention. Pour m'en assurer , me glissai près du berceau , et là je crus en* ndre le dialogue suivant :

Louis XIL

"Eh bien I Madame , vous venfez de Ihre un i ces oayrages destiojés à retirac«r les passions

l58 ï>TAlOGVft

et les faiblesses des prliicôs > un de ces romans qui semblent , par leur titre > appartenii* à ^hi^ toire, et devoir en être regardes tommd le supplëmeiit.

Anne db Bretagne.

Prince , je l'avouerai , j'ai ouvert ce livre avec curiosité; je Tai parcouru sans intérêt \ je Tai refermé avec dépit. Sa lectur#^ient de détruire une illusion qui m'était bien cbère jusqu'à présent. Je m'étais flattée d'avoir été la seule personne qui vous eût inspiré un amour véritable. ||^ Vous -même aviez eu Part de me le persuader, et j'avais trop de plaisir à vous écouter pour refuser de vous croire. Eh ! comment aurais-J6 pu vous soupçonner d'inconstance ? Entourée ^ de préteadaus à îna main y vos rivaux même ont gardé le silence sur votre passion pcAir k * belle Atliénaïs.... *>^

LètJis Xlli

Athénaïs n'a jamais existé que dans Fimagi' nation de l'auteur : les écrivains du dix-neuvième siècle abusent étrangement* de cette faciKié que leisr d6nuè Félbiguemigût des t^f>

BES MO&TS, etc. i5g

pour travestir à leur manière et rabaisser à leur niveau les personnages dont l'histoire a cou^ sacre le caractère et les actions.

AiîNB DE Bretagne.

Votre amour- propre doit être flatte de ces révélations indiscrètes. L'auteur de Jeanne dâ France n'a trahi que le secret de vog amours beureux; et à cet égard ^ il a poussé le zèle jusqu'à nous rendre confidens du tendre senti« tuent que voti^ altesse avait inspiré à M"^. d» BeaBJeti.

Lotris XIL

L^anecdotê est fausse ^ et les sentimens qu'où Suppose à M™®, de Beaujcu n'ont rien de véritable. La calomnie, qui fait sentinelle auprès des grands ^ n'osa jamais approcher de cette {princesse y qui jouissait , même à la cour du Soupçonneux Louis XI ^ d'une réputation de sagesse et de verlu que respectait l'incrédule inonarque. En rapportant cette conversation singulière ^ dans laquelle une froideur presque insultante me met à l'abri des dangers d'une séduction charmante^ Tauteur m'a fait présent

i&O BÏAIOGUÊ

d'un scrupule^ dont alors je n'avais pas eii« core éprouve la puissance. Jeune ^ livré à moimême^ embrassant avec ardeur tout ce qm m'offrait l'image du plaisir^ j'étais assez, léger dans le choix de mes liaisons. La comtesse de Beaujeu était à cette époque Tune des plus belles personnes de la cour*, son esprit délicat^ son caractère aimable ^ son rang , sa fortune, son crédit attiraient chez elle les hommes ks plus illustres et les seigneurs les plus galans : comment aurais-je conservé ma raison auprès d'une femme avec laquelle il eût été si doux de la perdre !

AjfHE DE BrETAGHE.

L^argument serait sans réplique, si l'anteor n'avait eu la sage précaution de nous expliquer d'avance la cause de cette inexplicable froideur^ il l'attribue à Jeanne de France , à la* quelle, dit-il, vous ne vouliez plus donner aU' cun sujet de plainte.

Louis XIL

M"*, de Genlis n'est pas heureuse en înve»* lions historiques. Marié malgré moi à WÊi

DE^S MORTS, etc. l6l

femme dont la di£formitë^ était telle qu'on ne pouvait se défendre d'un sentiment pénible en la voyant , j'eus toujours pour la ducbcsse d'Orléans les égards que réclamait la fille de Louis XI. Mais , n'osant rompre ma chaîne sous les yeux de celui qui l'avait formée ^ je la rendis légère en accordant à ceUe que l'on acmmait mon épouse une liberté dont j'usais moi-niéme avec une grande latitude. L'amour lie s'était point montré avant le mariage ^ l'amitié ne se présenta point après ; étrangers l'un i l'autre ^ nous habitions le même palais sans nous voir^ et nous nous rencontrions dans le monde sans le désirer : heureux encore lorsqu'aucun nuage ne venait troubler cette paisible indifirérence|!

AivivE DE Bretagne.

Cependant ^ si l'on doit en croire votre historienne , il s'en est peu fallu que votre altesse ne sacrifiât à la tranquillité de son épouse le sentiment que je lui avais inspiré. La vertueuse patience de Jeanne avait triomphé du pouvoir de mes faibles attraits : encore quelques jours ^ «t l'amante était détrôtiée par Tépouse.

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