‹ Le roi Cophétua; drameChapitre 11 sur 30 · LE VILLAGEOIS · texte numérisé non relu

LE VILLAGEOIS

Voulez-vous bien filer, vauriens! Et plus vite que cela! (Ils s'éloignent.) Ma pauvre fille, voici deux sous. Je n'ai pas d'autre monnaie. Il ne faut pas jouer avec ces garnements.

(Il sort Les gamins reviennent; le premier s'est armé d'un bâton.)

PUEAIIER GAMIN

Pst! Approche par derrière. Tu la tiendras, si elle résiste. (Il s'avance.) Qu'est-ce qu'il t'a donné, voleuse, le père Leblanc?

LA MENDIANTE

Allez-vous en!

PREAIIER GAMIN

Allons, fais voir, ou je frappe.

LA MENDIANTE

Méchant! Méchant!

PUE.^ÏIER G ViMIN

Tiens !

(// lui frappe le bras.)

LA i\IENDlAi\TE

Ah! (Elle laisse tomber la monnaie. Les gamins s'en emparent et s'enfuient. La mendiante s'assied en pleurant au bord de la route.) O mon Dieul que le monde est cruel pour les pauvres! Mon Dieu! pardonnez-moi, car je voudrais mourir. Pourquoi l'avez-vous fait si dur et si terrible? Mon Dieu! pardonnez-moi, car j'aime tant de vivre lorsque je n'ai pas faim ou qu'on me fait l'aumône avec un doux sourire. Alors, vous êtes là, près de moi, mon Dieu, vous êtes là!

(Entre un béquillard qui n'a qu'une jambe.)

LE BEQUILLARD

Quelle est cette intrigante avec ses grands bras nus? Hé! que faites-vous là?

LE BÉQUILLARD

J'ai faim et je mendie.

LE BEQUILLARD

Allez plus loin. Ici, c'est ma place. J'attends quelqu'un.

(Elle recule un peu. Entre un aveugle, qui tâtonne avec sa canne.)

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