SCÈNE II TIMOUR, SCINDIA
TIMOIIR.
Ministre du roi, notre maître, 0 Scindia, viens-tu nous annoncer enfin Du barbare Mahmoud le cbàtiineiu prochain ?
SCINDIA
Non ! J'ai d'autres projets et tu vas les connaître. Prêtre, je viens chercher la vierge qu'autrefois
Tu reçus dans ce sanctuaire,
Sità, la fille de mon frère.
TIMOUR
Qu'oses-tu demander?.. Elle appartient aux dieux !
SCINDIA
Tu vas la relever aujourd'hui de ses vœux I
TIMOUU. •
Le roi seul a ce droit.
SCINDIA, impétiieusemeDt.
Eh bien, le roi lui-même.
S'il le faut, me rendra Sità... Sità que j'aime, Sità, que ton pouvoir défend trop mal ici. Obéis.
TIMOUR, offensé.
Le roi seul peut me parler ainsi.
Retire-toi.
SCINDIA, amèrement.
Faut-il enWn que je le dise,
iO LE ROÎ DE LAHORE
Prêtre ? On prétend que là, — dans l'ombre de rautel. Bravant ta vigilance et le courroux du ciel, Un homme a pu venir près d'elle, par surprise, Murmurer, chaque soir, des paroles d'amour.
TIMOUR
Ah ! si ce n'est point une calomnie, Si le temple est souillé par la prêtresse impie, Malheur sur elle !..
SGINDIA, avec passion.
Non !.. je veux croire, Timour!
Je veux croire à son innocence !
Non, son cœur ne peut m'échapper; Non, ma plus vivante espérance Ne saurait ainsi me tromper!
TIMOUR
Ni sa beauté, ni sa jeunesse Ne doivent la défendre ici; Pour une honteuse faiblesse Je la frapperais sans merci !
SGINDIA.
Écoute-moi... Le trouble est dans mon âme... Conduis-moi versSitâ... Je l'interrogerai!..
TIMOUR, après un temps.
Tu vas la voir. Tu vas, — seul, —juger cette femme. A ton premier signal pourtant j'apparaîtrai!
SGINDIA.
àU ! je l'aimerais mieux cent fois morte qu'infâme! Si son crime est réel, je te la livrerai.
Après une reprise, Tiraaur et Scindia entrent ensemble dans le temple.