‹ Le roi de Lahore. Opéra en cinq actes, six tableauxChapitre 17 sur 49 · ACTE PREMIER io · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER io

SITA

Quand je chante au pied de l'autel La prière du soir, je le vois apparaître.

SGÏNDIA.

Un délire pieux A pu tromper tes yeux.

Je veux t'en délivrer, te sauver de toi-même. Morte est ta vision, moi je vis et je t'aime! Viens !

SITA

Ah! par pitié, laisse-moi!

Pourquoi troubler ainsi ma vie?

J'étais heureuse, hélas! pourquoi M'ôter le repos que j'envie!

Pourquoi faut-il qu'en un instant La douceur d'un rêve innocent Me soit cruellement ravie!

SCINDIA, avec une ardeur et une passion croissantes.

Pour Tamour de ta beauté

J'aurais donné ma vie, Et mon cœur eût accepté

La honte et l'infamie.

Ma puissante volonté

A tout jamais nous lie!

11 veut la saisir et l'entraîner.

SITA, énergiquoment.

Je ne te suivrai pas !

SCINDIA, aeec menace.

Ce que j'ai résolu Peut s'accomplir malgré tes pleurs et ta prière. Prends garde!

SITA, révoltée.

Ah! je te hais, je brave ta colère!

SGINDIA, il s'arrête, puis avec fureur.

Je me vengerai donc et tu l'auras voulu !

S'élançant vers le tympan de bronze, il le frappe avec violence. — A ce signal, paraissent bientôt Timour, les prêtres, les serviteurs du temple et la foule, envahissant la scène de toutes parts.

S I T A, pendant l'entrée du chœur.

Ah! que veut-il?., quel danger me menace!..

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