‹ Le roi des HallesChapitre 14 sur 28 · I. II · texte numérisé non relu

I. II

iilal^rf l'vlumidtif.

Matlrm()is<*llc menait une \ie tort relire* dans son diàleau de Sainl-Farij;eaii . la lecture, la promenade, im \)ru de musicjue telles ëtaienl les seules distractions de 1 Altesse royale, le comte de Pradines fut le seul «jui ne put s ac-

t^;32 MALGRE

commoder de celle vie îranquille el uniforme. el un jour il prit Paul Leblanc à part et lui dit :

— Ça. monsieur Leblanc, ne trouvez-vous pas que l'air que Von respire à Saiut-Fargeau csl morlelPpour moi. l'ennui me gagne, el si ceia doit encore durer long-temps, j'en dépé rirai.

— Le comle de Pradines ne se plaît qu'à la cour, répliqua le jeune homme d'un air distrait.

— A la cour ou dans les camps, poursuivit Pradines: mais par là mort Dieu! point d'exil semblable à celui-ci.

— La princesse est maîtresse de ses actions, et les personnes de sa nraison n'ont à se plaindre d'aucune vexation des gens du dehors; pour moi , monsieur le comte, je me trouve à tnerveille dans ce chriteau.

— J'yétoulîe, dit Pradines avec humeur;

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niiriix \.ml lc> (M( lioK lie Viiuciincn cjii dr l.t Ba^liilc que la r.ii;r il(HT( diins laquelle noub sommes renfermés depuis (pinlre mr)is . Ici lions n aNoiis pas le droit de nous plaindre. cl à Vinceinu^s ou a l.i Iia>lille nous [X)urrions maudire à notre aise sa majesté lx>uis \l\ . Le Lun rui. io IxiU cuumu surtout! (picd'êgardH il a |Mmr s;» f.imille. T.e due dOrléans est à Blois. et se donne peuî-èlre au diable, faute de savoir à (juel saint se vouer. Kl nous, mort Dieu ! nous nous enj^^aissons dans une làehtoisiveté: nous faisons nos ([ualre repas! mai> si nous voulons mettre le nez dehors, nous rencontrons de e(*s figures patihulaires cpio le lieutenant de police connaît de longue date : OUI . monsieur Paul . nous sommes espion n(»s

— Quelle idée! vous aurez pris des vagal)onds pour des employés de M. le lieutenant de |X)lice.

— Ce jeune liouime est entêté, nuuinui.i Pradines en s'é|oiLrn;int : avre lui j ai t(>uj<Hi s tort

— Pauvre comte ! pensa Paul en suivant du regard M. dePradines. il était à Paris rhommele p] us pacifique et le moins remuant de 1 a cour . et depuis qu'il habite Saint-Fargeau. il ne rêve que combats et émeutes . son imagination est devenue ambitieuse: des places! des dignités! s'écrie-t il : eh ! bon Dieu . qu'en ferait-il à son âge?

Quelques jours après cette conversation . Paul apprit que son père venait de mourir. 11 demanda à Mademoiselle la permission de s'absenler le temps nécessaire pour faire rendre les derniers devoirs à son père et recueillir sa succession. Son Altesse lui accorda un congé d'un mois, et comme Paul s'étonnait de la facilité avec laquelle la princesse le laissait s'éloigner , Mademoiselle lui répondit qu'elle voulait |)rofitcr du voyage qu'il allait faire aux environs d'Orléans pour avoir des renseigne mens sur plusieurs |)ersonncs qu'elle nomma.

— Votre (liM'i f'tion m'est connue, monsieur

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r.iiil . ajouta l-^»!!*'. «I je ^ais cjuc \ous in'tMcs cnliérL'iiuiil iIcnoui*. jf \ni\» «lune vous cunlier un secret <jui . j'on suis ccrlniiic . iiiourr.nl avec* vouf.. si je vous disais: Monsieur l'aul \v lemps n'est pas venu (Je !e rt^veler.

— Votre Altesse peut parler, répliqua le jeune homme avec rernïelé.

— Je me suis résignée de moi-mt^me a un exil (|u'on m'eût imposé par la force îNlon cousin Louis XJV n'a pas eu la salisfaclion de me diasser de sa capitale. Je suis partie \nlonfairemenl . et il y aura demaiM quatre mois que j'ai pris possession (îe mon château de Saint-Fardeau. J ai cru. dès les premiers jours, que je m accoutumerais à cette vie paisible . el j'ai vouhi me créer des distractions... Je m'abusais; l'ennui , le dégoût se sont emparés <le mon àme: il me faut à moi les plaisirs tumul lueu\ et brillans de la cour; les lulles ambitieuses, les intrigue» du palais., ki. rien «le ti»ut cela., toujours les mOine.<i siîes. lesmOmes

occupations, les mêmes visages... N eles-vous pas de mon avis, monsieur Paul ?

Le jeune homme n'osa dire sa façon de pensée, et il fît un signe approbateur qui le dispensait d'entier en explication.

Mademoiselle continua,

— Mon père est à Blois, et s'occupe de botanique du malin au soir : Condé est rentré en grâce , mais à la condition qu'il ne prendra aucune part aux affaires publiques ; Retz est en prison, à Vincennes, et parmi les chefs de l'audacieuse Fronde, il ne reste que le duc de Beaufort, triste roi aspirant après son royaume des Halles, qu'il ne reverra peut-être jamais! mais enfin . Beaufort est libre de tout engagement; il n'a rien promis, rien juré à Louis XIV, et il m'a écrit qu'il était prêt h faire une tentative, sans doute désespérée, pour ressaisir le pouvoir que naguère nous avions dans les mains. Toutefois, je ne veux pas exposer folle ment des gens de coMir et dv» résolution , el

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