I. AM.Msin
maison. I.ll»' clait o( ( u|)ef |)ar un [xlil lif)mnfH' jtnjlllu Ni'Ui dr noii' (Jr la lt>le aux |)i(Mis : son rahnl de dcntclN' (|ui se hnlanrail sur sa f)oi- Irino. uv laissa pas lonç Icmps Icjruno lionimo dans li^noranct* do l'étal exercé par cet individu.
— C'est un pi-élrr. niurninra Paul: pciil èhe le curé de ce ni liage qui a voulu veiller sur mon herilaije : le brave homme . sil en esl ainsi...
Mais il ne larda pas à connaître le genre d'intérêt que lui portait le petit homme joufflu. La successiort de feu son père était grevée dv dettes, cl pour abréger la liquidation qui pouvait être longue, l'unique créancier de Jean Leblanc. c'c»st-à-dire le curé du vilhige d'.\ndeglou . avait piis possession des meubles et immcut)lcs du défunt . et il annonça hautement qu'il se regardait comme le seul pro|>riétairc.
— Pcrnietfcv. monsieur lo riirô. lui dit Pau! d'un ton qni n'avait rien d anîical : mon pèrt'
est décédé, et après lui, tout ce qui est ici m'appartient. Je viens prendre possession de mon héritage, et vous trouverez bon que je chasse de chez moi ceux qui tenteraient de me le disputer.
— Qu'est-ce à dire ! jeune homme, répliqua !e curé , vous prétendez me faire évacuer mon moulin , car il est à moi ce moulin , et les dépendances d'une propriété sur laquelle j'avais prêté de l 'argent?.. .
— Que mon père vous a rendu en vous payant de gros intérêts.
— Montrez -moi la quittance . inconsidéré jeune homme, et alors je me relire.
— Vous savez bien qu'elle n'existe plus. Votre premier soin , en entrant dans celle mai son , a*élé de la détruire...
— Malheureux! vous oubhez le caraclère sacré dont je suis revêtu !
— Kl c'est à la faveur de l'iiabil (juc vous
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|M>!!<'/ «pi'" NOUS l'spcrc/. cniis^'iiiiinct' une in di^itc s|)<)i;i(ion.
— JcMiiK* hommr ! jruiic homme! m(''na|^Mv. vos expressions : voire impiété est grande sans tioiile..
— N al lez -vous pas me faire nn sermon maintenant * Keouîez-moi . monsieur le enré. et veuillez rcfléehir sériensem(»nt à ee (jue je vais vons d're. Je respecte ce qui est respectable, et j estime ee qui est estimable: c'est assez vous dire qu'un homme, dans quelque position qu'il se trouve, a des droits à mon estime . à mon respect. Ce n'est point Tliabil que je salue, mais l'homme.
— G^ j)réambule sent l'hérétique . dit le cure.
— On vous craij;nez le .scandale, ou vous ne le redouiez pas: dans le premier cas. je suis disposé à mettre Andcj^dou en révolution pour avoir mon héritaj^o. et prouver la fausseté de la deltt* alléguée par vous atin de légitimer
2/j? MAIGRE
voire usiirpalioii: si . au contraire, vous aimez à faire parler de vous, je m'adresserai aux autorités d'Orléans : je demanderai juslice et je vous coniraindrai à mettre enlre les mains des magistrats des preuves irrécusables de votre créance... et je vous l'avouerai avec franchise, j'aimerais mieux que vous n'eussiez pas peur du scai?dale. J'appartiens à Ja maison des d'Orléans... vous comprenez.
— Parfaitement: à défaut de bon droit, la faveur vous donnerait raison; mais vous ignorez sans doute que les habilans d'Orléans n'ont iju un médiocre intérêt à soutenir les droits, bons ou mauvais, de M. le duc et de ses gens : un se souvient des guerres de la Fronde.
— Tant mieux! morbleu! s'écria Paul, il est bon qu un pareil souvenir vive dans les cœurs: et qui sait! on est peut-être à la veille d'une nouvelle levée de l)oucliers.
— Ha ! ha ! fit le curé en jetant un rcijard . curieux sur l'imprudent jeune homme, vous
tio^rz (|ui' iKuiH »<)minr^?i la \(illr- il iiiu» nuuvrllc lever de Ix»urlicr8.
IViul s ;i|>f*i'» iil . innis frop liird . de litidis rrrlinii (ju'il \(MKiif do roiinnotlro. ei il s'empressa d'îijfMilor avec un air d'indifTérenco:
— Il V vu .1 ()iii diserU cela, mais roux qui nnl vn Paris no parlai^onf pas ool avis. Hrisonslà. Jo vous donno jusqu'à domain pojjr roflochir.
Kl Paul til (juoiquos pas vers la porlo.
— Vous parlez déj;i . lui dil le eun^ d une voix qu il chorehait à rendre earessanle. a quoi lx)n ! rien ne presse : je vous offre l'Iiospilaiitc ehoz nKii...
— Co n'est f>as oîioore doeidé interrompit l*aul d Un Ion got^uenard.
— Ou (ho/ Aous... si on me eontesto ma eroance: nou^i souporons ensemble, el en causant . nous pourrons peut-être nous entendre.
— Comme il se radoucit , pensa Paul.
— Je suis un peu vif. vous ne l'êtes pas moins : on s'emporte d'abord . on se dit des choses désagréables, dont on se repent aussitôt, mais elles n'en sont pas moins dites. Ainsi, c'est convenu , vous souperez avec moi.
— Je n'ai point dit cela.
— Où iriez -vous? dans une heure il fera nuit . et il vous en faut deux pour gagner Orléans... Allons, allons, ayez pitié de votre cheval qui hennit tristement et réclame les douceurs de l'écurie... Elle est toujours à droite, comme de votre temps... Moi . je vais préparer le souper.
Paul n'eut pas la force de refuser les offres du curé, seulement il se promit de se tenir sur ses gardes, et en sortant il se disait : — J'aurai l'œil sur lui.
liC souper ne tarda pas à être servi : il était copieux . et Paul ne [)ut s'empêcher de vanter les lalens culinaires de la servante du curé. Les rasades se succédaient sans interruption , et bientôt les deux convives se sentirent en
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1h>11(' luiiiHMir V;\u\ Noulul < liantrr dcui couplets (I une nuniiiK'c comiMisiM' pjir lui pour célchnT les attraits de la dame do ses pensôe^ : le (lin* se prtMa de bonne f^râce à celle fantaisie bachi({ue. cl promit de faire chorus.
Paul . certain d'tHre écouté, vida son verre d'un seul Irait afin de se donner de la voix . et il commença en bégayant :
l'ne (l.tii:*- (Ir haut lignage, Fièrr , inlnunaino...
11 s'arrêta tout court , se gratta le front en
murmurant : Fière. inhumaine fiére ah!
j'y suis.
I iii> (laiiif i] > haut li::na^»^
Le curé avait profité d un moment ou Paul cherchait des idées au plafond pour lui jeter dans son verre une poudre narcotique dont
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l'effet était aussi rapide que l'éclair. Aussi, quand il s'écria qu'il avait trouvé sa rime, le euré Je contraignit à boire; Paul obéit, en bégayant faiblement une dame de haut lignage , puis il tomba lourdement sur la table et s'endormit.
— Tu dois être un agent de monseigneur d'Orléans, se dit le curé en s'approchant de Paul : vérifions mes doutes.
Il le fouilla et trouva le paquet cacheté aux armes de Mademoiselle : il le brisa précipitamment et s'empara d'une demi-douzaine de let très adressées au\ partisans de l'ancienne Fronde , qui s'étaient retirés à Orléans et dans les environs.
— Je vais lire ceci . murmura-t-il sourdement, et j'aurai bien du malheur si je ne trouve là-dedans, de quoi faire pendre ce drôle... Eh ! mais il y a une amnistie... je n'y songeais plus... Oui , mais elle ne protège [)oint h^s fauteurs de troubles et ceux qui se sont rendus coupa-