SCÈNE PREMIÈRE
LUCIFERO, seul.
Au lever du rideau, c’est l’aurore, Le jour commence à paraître, Au loin en sourdine, on entend chanter une barcarolle, mais, tellement atténuée, qu'on ne peut — les mots de cette chanson. Soudain ! Tout se tait, la scène s’obscurcit peu à peu, les roulements du tonnerre se font entendre, puis dans un éclair, Lucifero surgit comme une vision fantastique.
LUCIFERO, seul,
Le jour va paraître !....Pourquoi suis-je ici subitement, quand tout à l’heure, j'étais aux prises avec les plus habiles courtisanes de Naples !....Ah!....c'est que j'ai entrevu les lueurs de l’aurore ; d’un coup d’aile, j'ai franchi la distance, la lutte n’était pas là-bas où l’amour faisait la besogne du diable ; mais bien ici, où je dois recommencer mon œuvre de tentateur. Oui, ici, car de l'amour secret qui unit déjà Angelo l'horloger à
Sylvana, fille de Lorenzo Altoviti, il ne faut qu'un aveu, tombé des lèvres de l’un où de l’autre, pour que cet amour éclate dans toute sa force ; un baiser suffira pour
faire naître la passion, et un geste de moi pour les perdre. Ils sont purs tous les deux ; leurs âmes ingéa nues se faneront vite, sous le souffle malin de la tentation
et c’est l’amour encore, qui deviendra mon auxiliaire le
plus pr/::: x pour me les livrer ! Que le jour qui | paraît, écis.e le triomphe de Satan ! Que ce jour, soit | le témoin, de ma victoire la plus belle sur l’Âme humaine ! ({{ rit.) Ah! Ah! Ah!Ah!