SCÈNE IX
Les mêmes, plus SYLVANA, qué apparaît sur le seuil de la Porte de droite.
SYLVANA.
Que se passe-t-il ? Ah !.. Que de monde !.. Je devine pourquoi !...
MARIO
Et notre jeune artiste, l’avez-vous vu monseigneur.
FORTUNATI
Pas encore !..
MARIO
Il aura travaillé fort tard, comme il fai deux mois. 11 doit être bien fatigué cette horloge seulement cette nuit ; sans doute !..
sait depuis ; Car il a placé il repose encore
FORTUNATI
Placer pareille merveille en une seule nuit, s’est du prodige.
TOUS
. c'est prodigieux !..
MARIO
Me permettez-vous ‘Excellence! ..., d'aller le chercher, et de lui annoncer l'honneur que vous voulez
bien lui faire en venant le féliciter vous-même, de son travail ?
FORTUNATI
Mais sans doute !.. Va !..
MARIO
Allons-y, portons-le en triomphe.
FORTUNATI, à part.
Patience, j'aurai bientôt ma revanche !
SYLVANA. *
Angelo !.. C’est pour lui tous ces honneurs !.... J'en suis bien heureuse.
MARIO, frappant la porte de gauche.
Eh !.. Angelo!.. Angelo!.. (Zous les bourgeois sont près de la porte.)
ANGELO, en dehors.
Qui va là?....
MARIO
Moi, Mario ton ami !..
ANGELO
Attends ! J’ouvre !.. (77 ouvre la porte.)
LE ROI DES TÉNÈBRES SCÈNE x
Les 1nêmes, plus ANGELo, paraissant sur le seuil de la boutique.
TOUS
Vive Angelo !.... Caro mio!.... Vive le maître Angelo !......
ANGELO, surpris.
Qu'est-ce à dire mes amis 2.
MARIO
En triomphe !
TOUS
En triomphe!.. En triomphe !.. (Zis s'emparent
d'Angelo et lui font faire Le tour de la scène en le portant sur leurs épaules. )
ANGELO, se défendant.
Mais, je vous en prie. Expliquez-moi ?
MARIO
Eh quoi ! tu ne comprends pas ?..
FORTUNATI
C'est très fort, Angelo !.. Vous avez fait un chef d'œuvre et vous semblez vous dérober à nos félicitations. Réellement, je ne vous aurais jamais cru capable d'exécuter un pareil travail en si peu de temps !
ANGELO, à pari, après avoir regardé l'horloge.
L’horloge !.. Ah!.. Je n’ai pas rêvé, et ce pacte e l’ai bien signé.
Tu ne dis rien ?.... Dire ! dire la vérité, c’est impossible !..
MARIO, le touchant.
Que fais-tu donc ?.. Tu oublies que tu es devant monseigneur !..
ANGELO, se réveillant.
C’est vrai !.. Monseigneur, pardon !..
FORTUNATI
Jeune homme ; vous avez droit à ma reconnaissance, et à celle de tous les citoyens de Florence.
ANGELO
Votre reconnaissance !..
FORTUNATI
Et pour vous prouver, que nous ne sommes pas des ingrats, que nous tenons notre promesse, aujourd’hui même, passez à mon palais, la somme de dix mille ducats vous sera comptée.
ANGELO, à part.
Dix mille ducats, la fortune enfin !.. Et c’est pour . elle, pour elle seule !.. (77 l'aperçoit.) Elle est 1à !..
SYLVANA, à part.
Il m'a vue.
Devant elle surtout, ilne faut pas laisser soupçonner.... (Æauf.) Monseigneur, je vous remercie, croyez bien qu’à l'avenir, je terai mon possible, pour perpétuer l'art de l'horlogerie dans votre belle cité.
TOUS
Bravo !.. Bravo !..
SYLVANA, à part,
C'est lui qu'on acclame !.. Ah ! comme je suis fière !..
FORTUNATI, à part.
Elle n’a des yeux que pour lui, depuis qu'elle est là ! Allons, c'en est trop, faisons le signal, et Rocambi me débarrassera de ce rival !.. (Z/ s'approche de l'horloge, pour faire le signal, mais il s'arrête en voyant Carmina qui entre de gauche.) Sa mère !.. Attendons !.….
LE ROI DES TÉNÈBRES ‘SCÈNE XI Les mêmes, plus CARMINA.
CARMINA
ANGELO, à part.
Elle, ma mère !..Ah ! si elle savait !..
CARMINA
Angelo, je t'en supplie renonce à cette gloire, à ces honneurs qui te perdront !.
C'est impossible ma mère.
CARMINA
Impossible !.. Mais, enfant i ingrat, c'est ta perte quetu veux, c'est ta damnation éternelle, c'est vers l'enter que tu marches !
ANGELO
CARMINA Oui, ce pacte infâme que tu as signé ?..
ANGELO
Elle sait tout, honte sur moi !
FORTUNATI, à part.
Que lui dit-elle ?....
CARMINA,
Ce pacte qui te lie éternellement, il faut le briser en disant la vérité, en renonçant.
ANGELO, as à sa mère.
Renoncer !.. Dire à tous que je suis un maudit, le
lui dire à elle, elle qui est 14 !.. 6 mère, c'est impossible !..
CARMINA
Angelo, rien ne vibre plus en toi!..Je ne puis croire que tu verras couler les larmes de ta vieille mère
ainsi, mais c’est donc une pierre que tu as à la place du cœur.
ANGELO
Ma mère, laissez moi. Ne me détournez pas de la pente qui m’entraîne !..
CARMINA, suppliante.
Angelo !.. Angelo !.. tu me fais mourir.
ANGELO, à part.
Elle est là, elle me regarde !..
LE ROI DES TÉNÈBRES CARMINA, élevant la voix.
Malheureux !.. L'amour est plus fort que les larmes de ta mère ! Tu ne me regardes seulement pas .. Eh bien ! périsse ce chef-d'œuvre maudit, cette horloge, piédestal de ton ambition et de ta perte. Æ/le ramasse une pierre et la jette dans le cadran de l'horloge. La vitre se brise. Au même moment Lucifero apparaît, et éclate d'un rire prolongé.)