‹ Le roi du jourChapitre 1 sur 29 · D OU VIENT LE SUCCES DE L ALCOOL · texte numérisé non relu

D OU VIENT LE SUCCES DE L ALCOOL

Ce n'est pas une mode qui dure un temps plus ou moins long, puis cède la place à une mode nouvelle»

L'alcool n'est pas un aliment qui nourrit le corps humain. On l'a cru longtemps, et cette raison servait d'excuse à l'ouvrier pour justifier ses rations d'eau-de-vie, mais il faut aujourd'hui abandonner cette théorie. La science l'a démontré, l'alcool ne s'assimile pas au corps; il le traverse seulement en exerçant une action spéciale sur chaque organe avec lequel il vient en contact, puis, cette œuvre terminée, il sort à l'état d'alcool, par évaporation ou par sécrétions.

Enfin l'alcool n'est pas un breuvage agréable au goût. Même le meilleur, quand on le prend pur, est brutal, il attaque la délicatesse du palais et de la gorge. On ne le déguste pas comme on fait d'une liqueur qui flatte le goût; on l'avale brusquement, tout d'un trait, comme une médecine pleine d'amertume. Ce n'est qu'une fois rendu à destination dans l'estomac, qu'il produit des effets agréables au buveur.

Encore une fois, d'où vient donc la fascination étrange que l'alcool exerce sur un si grand nombre d'hommes?

L'alcool est à la fois un stimulant et un consolateur.

Il décuple la joie de l'homme heureux.

Il console celui qui a le cœur triste et, pour un temps, lui fait oublier les maux qui l'accablent.

Autrefois, quand on ne buvait que du vin, il fallait être riche pour se procurer les plaisirs de l'ivresse; aujourd'hui que l'industrie a mis l'alcool à la portée des bourses les plus modestes, tout le monde peut s'enivrera bon marché. Telles sont, je crois, les causes de la diffusion si rapide de l'alcoolisme et de la consommation effrayante des boissons fortes chez toutes les nations.

Examinons de plus près le double effet de l'alcool que nous venons de signaler; nous comprendrons mieux l'influence fatale qu'il exerce sur un grand nombre d'hommes.

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