‹ Le roi du jourChapitre 5 sur 29 · L'IVROGNERIE, PASSION ACQUISE · texte numérisé non relu

L'IVROGNERIE, PASSION ACQUISE

« L'ivrognerie, dit Bélouino, est une passion acquise et toute d'éducation. Il est clair qu'elle ne peut se montrer que peu à peu et par degrés. L'ivrogne le plus abruti n'a d'abord été qu'un imprudent buveur. Longtemps, peut-être, une douce exaltation a été le seul effet des boissons dont il faisait usage. Peu à peu, l'habitude s'est enracinée, l'abus des boissons fermentées a été plus fréquent. L'organisme s'est habitué à les supporter et il a fallu de plus grandes quantités pour produire les mêmes effets.

« Bientôt l'ivrogne a éprouvé de la souffrance à l'estomac; cet organe est devenu le siège d'une inflammation continuelle. Pour faire cesser les douleurs qu'il ressentait et pour se procurer des jouissances habituelles, il a renouvelé chaque jour les mêmes excès. Une fatalité le pousse. Il

faut qu'il se plonge dans les jouissances qui le déshonorent et le tuent : à jeun, c'est un être énervé. Pour retrouver momentanément quelque vigueur, pour procurer à son cerveau une excitation fébrile, il faut qu'il recommence à boire et qu'il appelle l'ivresse à son secours. » (Bélouino, t. Ier, p. 133-138.)

C'est court mais complet. Voilà, en quelques mots, la marche de la passion et l'explication de l'effet fatal qu'elle produit.

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