‹ Le roi du jour [microforme]Chapitre 23 sur 42 · PS · texte numérisé non relu

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tées. » (Rev. des Quest. scientif., t. IX, p. 508, 1"° série.)

Le foie. -- « L'alcool semble se complaire à porter sur le foie ses coups les plus rapides et les plus meurtriers.

« Cette glande, que l'on a définie le balancier de : l'horloge humaine, dégénère, tantôt en une masse graisseuse, à peu près comme les oies que l'on gave dans l'obscurité, tantôt en un viscère congestionné, durci, atrophié, incapable de remplir aucune fonction vitale et provoquant la mort par inflammation du foie ou hydropisie, selon le proverbe aussi vrai que pittoresque : Qui a vécu dans le vin meurt dans l’eau. » (H. Martin, Étuu. rel., an. 1888.)

Quand un homme est atteint de cette maladie du foie, il n'a plus qu'à faire son testament et à se préparer à la mort. Aucun remède humain ne peut le sauver.

En 187... je fus appelé près d'a homme d'une quarantaine d'années, grand, robuste, taillé en véritable athlète. Cet homme ne s'enivrait jamais, disait-il, mais il absorbait chaque jour une quantité considérable d'alcooi. Il souffrait d'une enflure de l'abdomen, la digestion ne se faisait pas.

Le médecin, me prenant à part, dit ces quelques

mots : « Préparez cet homme à la mort... Il aun whisky-liver (un foie de whisky). Vous le verrez fondre peu à peu comme une chandelle. »

De fait, l'homme, réduit à l'état de squelette, mourut d'inanition quelque temps après.

« La statistique prouve, dit le D' Lefebvre, que les deux maladies les plus graves du foie, la dégénérescence graisseuse (stéatose) et la cirrhose ou atrophie de l'organe, deux altérations incompatibles avec la vie quand elles sont arrivées à un certain degré, reconnaissent le plus souvent pour cause l'abus des boissons alcooliques. » (/ev. Quest. scient., t. IX, p. 509.)

Lancereaux, sur 90 cas de dégénérescence graisseuse du foie, a constaté 70 fois comme cause l'abus des boissons spiritueuses.

Le rein. — « Les maladies alcooliques du rein sont fréquentes. Une des plus communes, grave jusqu'à l'incurabilité absolue, la dégénérescence granuleuse, reconnaît dans les trois quarts ou les quatre cinquièmes des cas l'alcool comme cause productrice.

« C'est une maladie qui court aujourd'hui les rues et dont nous avons tous rencontré les victimes, reconnaissables à leur face bouflie et terreuse et à l'hydropisie qui envahit progressivement

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tous les organes. Ils rejettent, pour ainsi dire, leur vie avec l'albumine que leurs reins malades laissent échapper avec l'urine. » (D" Lefebvre, p. 510.)

M. Arthur Dansereau a publié dans la Presse de Montréal (21 déc. 1895 et suiv.) des articles très élaborés sur les effets de l'alcool. Je lui emprunterai la description saisissante qu'il fait des maladies de foie et de rein causées par l'abus des boissons alcooliques.

« À la suite d'une longue pratique (de l'alcool), le foie, qui s'est d'abord élargi, cède à l'action vénéneuse de l'alcool qui, comme tous les poisons, fait du foie ses quartiers généraux. La contraction des membranes s'opère peu à peu, parce que les dépôts des matières étrangères qui s’y sont infiltrées arrêtent la circulation. L’organe diminue de volume, se dessèche, et durci par la boisson se

ouve for: 6 de refuser tout secours.

« On ne s'aperçoit guère de ce travail. Le fait est que le premier symptôme perceptible est l'enflure du ventre. Ce ballonnement ne vient pas de l'expansion du foie, mais du séjour dans la cavité ebdominale de matières que le foie ne peut plus

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