ACTE DEUXIÈME
Ici tu ne vois rien, mais là-bas c’est splendide ! Pendant que le marquis s’oublie à Moncontour...
JAVOTTE
Le marquis est absent?
PACOME.
Ainsi que la marquise. ¥
JAVOTTE
Que fait monsieur Benoît?
PACOME.
Il danse, il tape, il brise.
Ah ! quel vrai grand seigneur ! — Viens dans leparc.
JAVOTTE
Plus tard.
. PACOME.
On a beaucoup jasé sur ton départ Voilà trois jours...
JAVOTTE
C’est bien...
PACOME, s'éloignant.
Oh ! le joli regard !
JAVOTTE, se glissant, toute craintive, au milieu des dominos. Que de monde I quelle joie !
Quel bruit 1 Cette foule qui tournoie Me sait.
Les dominos remontent.
Ah! je n’avais qu’un courage Trompeur ;
J’ai beau cacher mon visage,
J’ai peur.
Je sentais en moi renaître L’espoir,
Me disant : il va peut-être Me voir.
LE ROI L’A DIT
Dans la fouie qu’il attire En roi.
Je viendrai, tout bas, lui dire :
C’est moi !
Hélas ! je sens que je l'aime Autant.
Mon cœur, se trompant lui -même, L’attend.
L’orchestre reproud le chant dos masques.
Ces richesses m’éblouissent.
Ces fleurs
Me troublent, mes yeux s’emplissent De pleurs.
Il disait : « Toute ma vie « A toi ! j)
J’acceptais, l’âme ravie,
Sa foi.
Il mentait ; dans ma souffrance.
J’ai fui ;
Et depuis lors je ne pense Qu'à lui.
Hélas 1 je sens que je l’aime Autant.
Mon cœur, se trompant lui-même, L’attend.
Les dominos redescendent un peu.
LES DOMINOS
Pour le ciel bleu de la féerie,
Quittons la réalité ;
Vivons de folle rêverie
Et de bruyante gaieté.