‹ Le roi l'a dit opéracomique en trois actes, en versChapitre 38 sur 97 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Ici tu ne vois rien, mais là-bas c’est splendide ! Pendant que le marquis s’oublie à Moncontour...

JAVOTTE

Le marquis est absent?

PACOME.

Ainsi que la marquise. ¥

JAVOTTE

Que fait monsieur Benoît?

PACOME.

Il danse, il tape, il brise.

Ah ! quel vrai grand seigneur ! — Viens dans leparc.

JAVOTTE

Plus tard.

. PACOME.

On a beaucoup jasé sur ton départ Voilà trois jours...

JAVOTTE

C’est bien...

PACOME, s'éloignant.

Oh ! le joli regard !

JAVOTTE, se glissant, toute craintive, au milieu des dominos. Que de monde I quelle joie !

Quel bruit 1 Cette foule qui tournoie Me sait.

Les dominos remontent.

Ah! je n’avais qu’un courage Trompeur ;

J’ai beau cacher mon visage,

J’ai peur.

Je sentais en moi renaître L’espoir,

Me disant : il va peut-être Me voir.

LE ROI L’A DIT

Dans la fouie qu’il attire En roi.

Je viendrai, tout bas, lui dire :

C’est moi !

Hélas ! je sens que je l'aime Autant.

Mon cœur, se trompant lui -même, L’attend.

L’orchestre reproud le chant dos masques.

Ces richesses m’éblouissent.

Ces fleurs

Me troublent, mes yeux s’emplissent De pleurs.

Il disait : « Toute ma vie « A toi ! j)

J’acceptais, l’âme ravie,

Sa foi.

Il mentait ; dans ma souffrance.

J’ai fui ;

Et depuis lors je ne pense Qu'à lui.

Hélas 1 je sens que je l’aime Autant.

Mon cœur, se trompant lui-même, L’attend.

Les dominos redescendent un peu.

LES DOMINOS

Pour le ciel bleu de la féerie,

Quittons la réalité ;

Vivons de folle rêverie

Et de bruyante gaieté.

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