ACTE DEUXIÈME
LA BLUETTE
Nous n’osions nous montrer depuis notre aventure.
FLARAMBEL.
On ne veut plus nous recevoir.
LA BLUETTE
C’est le ciel qui nous amène.
FLARAMBEL.
Que dit Agathe ?
Et que pense Chimène ?
FLARAMBEL.
Nous jetons des billets dans le parc, dans la cour.... Rien, rien. — La maison est muette.
MITON, gravement, les présentant.
Marquis de Flarambel! Marquis de laBluette!
Comte Benoît de Moncontour !
FLARAMBEL et LA BLUETTE.
Hein?
MITON
De Labotardais et d’Arvèze !
Bas.
Le frère !
LA BLUETTE, avec empressement.
Ob ! monsieur!
FLARAMBEL, de môme.
Cher monsieur I
LA BLUETTE
Votre main, s’il vous plaît.
FLARAMBEL.
Quel plaisir est le mien !
LA BLUETTE
Mon bonheur est complet.
FLARAMBEL.
Vous nous trouvez peut-être indiscrets?
BENOIT
Au contraire.
LE KOI L’A DIT
FLARAMBEL, bas.
Il est charmant, Miton.
LA BLUF.TTK, do mémo.
Milon, il est charmant.
FLARAMBEL.
Je sens que vers vous tout m’attire.
LA BLUETTE
J’allais le dire.
MITON, bas, à Benoit.
Répondez par un compliment.
BENOIT
Entre gens de mérite on s’entend aisément.
MITON
Très-bien.
LA BLUETTE
Je sens déjà que votre esprit me charme.
BENOIT, avec affectation.
Voilà que nous nous connaissons.
Il n’est que les vilains pour faire des façons.
Et vous êtes marquis. — Oh ! cela me désarme.
FLARAMBEL.
Comme à la cour, cet hiver,
Vous ferez bonne figure!
BENOIT, très-fat.
Tout le monde me l’assure.
LA BI.UETTE.
Ah! que de succès dans l’air !
Que de cœurs à la torture !
BENOIT
Ce faquin de Miton me l’a déjà promis.
FLARAMBEL.-
Certes, vous serez à la mode.
BENOIT, à part.
Comme il est commode D’avoir des amis !
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