ACTE TH0I81ÈME
Je vois l'amour qui rit sous cape,
Cherchant à retrouver son bien;
Dieu sait comment il se rattrape ;
Le sournois ne perd jamais rien;
H ne faut pas qu’une dévote Mette les cœurs en émoi.
Mais on plait malgré soi Quand on n’est pas sotte.
Elles passent devant leur père, les yeux modestement baissés et les mains sur 1a poitrine.
MITON
Voilà des tons plus innocents.
LE MARQUIS, rarl.
Bien. — Mais mon fils !
MITON
Il s’habille.
LE MARQUIS, avec désespoir.
Il prend un costume jonquille Et vermeil !
MITON
Non. — Calmez vos sens ;
Je l’ai remplacé par un autre.
LE MARQUIS
Vous ? — Mais, d’un sacripant que faire?
MITON
Un bon apôtre.
Benoit rerient, les yeux baissés, dans un costume gris-perle.
Regardez, monseigneur. Êtes- vous satisfait?
LE MARQUIS, étonné.
Tout à fait.
AGATHE et CHIMÈNE.
Ah ! qu'il est bien ainsi
120 LE ROI l’a dit
ANGÉLIQUE et PHILOMÈLE.
Quelle métamorphose !
M ITON.
L’habit! l’habit ! Pas autre chose.
LE M A R Q l' I S , de plus en plus enchanté.
Bien. — Il est tout sucre et tout miel.
Il va plaire à l’auguste veuve.
Poussant un cri*
Ab ! mon Dieu !
TOUS
Quoi ?
LF. MARQUIS.
Ma femme a mis sa robe neuve.
Anaïs va venir vêtue en arc-en-ciel !
Allez vite, — aidez votre mère A prendre une robe sommaire.
' LES JEUNES FILLES
Oui, oui, papa.
Elles sortent en courant*
LE MARQUIS, passant devant une glace*
Mais moi, moi, — j’ai l’air d’un soleil.
J’aurai beau m’assombrir, je serai magnifique;
Je voudrais prendre au moins un aspect séraphique. Miton, venez chez moi me donner un conseil.
MITON
Un principe à poser. — Je suis prêt à vous suivre.
An moment de sortir, le marquis revient & Benoit, qui est resté sur le devant à droite •
LE MARQUIS, à Benoit.
Il ne faut plus que l’on s’enivre;
Ne fais plus rougir tes aïeux.
Le roi prescrit de bien vivre.
BENOIT
Je ne demande pas mieux.
Lo marquis et Miton sortent.