Héroard, Bibl. nat., ms. fr. 4027, fol. 38 r
sans cuisiniers ». Il ne se plaint pas; il trouve naturel de donner l'exemple *. « Le roi a toujours pris sa part de la fatigue dans les armées, disait Jean Danès, montrant aux soldats à supporter généreusement le mal quand il s'est présenté. S'il y a eu des incommodités à recevoir, c'est lui qui les a essuyées le premier. Si les soldats ont eu faim, il a jeûné avec eux et souvent on l'a vu manger d'un même pain de munition et de viande sans attendre les pourvoyeurs. Il a fait voir partout qu'il n'y a eu prince plus laborieux et endurant aux fatigues de la guerre que lui » -.
Cette endurance a fait l'étonnement de ceux qui l'ont approché. Il ne paraît pas ressentir outre mesure la fatigue physique; il s'impose, ou il subit, des corvées qui lasseraient des corps vigoureux. Au siège de Saint- Jean-d'Angély il restera douze heures à cheval, sans manger, faisant l'inspection des défenses de la place, de ses troupes et des batteries ^ A l'affaire de l'Ile de Rié, il demeurera en selle de trois heures du matin à six heures du soir, sans mettre pied à terre et par une chaleur torride de mois d'août : « J'ai été seize ou dix-sept heures à cheval, écrit-il à Anne d'Autriche, (en réalité, quinze heures) avec tant de contentement que le temps ne m'a duré et, si, ne ressentois nullement l'incommodité de la chaleur qu'il faisoit » '*. Le soir, canton-