Héroard, op. et loc. cit
3. Arnauld d'Andilly, Mém., éd. Michaud, p. 430. Saint-Simon prête, à cette occasion, à Louis XIII un mot que son père aurait entendu : " Je ne sais point envoyer des troupes à la boucherie, mais quand il le faut nécessairement, je ne sais que les y mener moi-môme ». (Parallèle des trois premiers Bourbons, p. 36). Ce mot nous paraît suspect.
4. Lettre d'avril 1622, Arch. des AIL étrang., France, 775, fol. 139 v°.
éprouvait de peine à subir un échec : car Dieu sait s'il avait été malheureux, l'année précédente, de son insuccès devant Montauban, disant les larmes aux yeux à Bassompierre, « qu'il étoit au désespoir d'avoir reçu ce déplaisir de lever le siège ! ^ » Il sentait vivement.
Il sentait aussi bien pour les autres que pour lui. Bon et humain, Louis XIII s'est intéressé à ses soldats, s'est occupé d'eux, a veillé à leur bien-être; il n'a pas craint de les approcher.
Nous l'avons vu donnant ses soins au cantonnement des troupes, ce qui n'aurait pu être à la rigueur, que le fait d'un chef soucieux de précision. Il y avait plus : il y avait chez lui, une pensée de sollicitude attentive. Ce prince à l'aspect froid, apportait dans ses relations avec les soldats des nuances de demi-familiarité inattendues-. C'était un souvenir, sans doute, des heures agréables de son enfance, où, sous le préau du château de Saint-Germain, il allait rire avec les soldats du corps de garde, écouter leurs histoires plaisantes, « assis sur le giron de l'un d'eux » et jouer en leur compagnie à « burlurette » ou à « frappe-main^ ».
Devenu homme fait, le ton n'est plus le même : la camaraderie a fait place à une réserve mesurée; mais il n'y a pas l'éloignement qui séparera Louis XIV du simple soldat. Louis XIII s'arrête et cause; il interroge : « Qui êtes-vous? — Où allez- vous? — Pourquoi