‹ Le roi Louis XIII à vingt ansChapitre 13 sur 345 · Voir, par exemple. Mercure français, 1617, p · texte numérisé non relu

Voir, par exemple. Mercure français, 1617, p

0. Dépèche de l'amb. vénitien 0. Bon, du 25 mars 1617 (Bibl. nat., ms. ital. 1771, p. 39), Bentivoglio, Letterc, t. 1, p. 150.

obséquieux de sa correspondance. On trouvera plus tard au milieu des papiers de Concini des lettres adressées par lui au maréchal telles que le Parlement indig^né voudra compromettre Richelieu dans le procès criminel intenté contre Léonora Galigaï et que le procureur général prendra des conclusions contre lui. C'étaient de « simples civilités », répondra Richelieu*. Yers la fin de la vie du maréchal, après quelques querelles inévitables avec celui-ci, les sentiments de l'évêque de Luçon s'étaient modifiés.

Réellement maître, dans ces conditions, du gouvernement du royaume, Concini ne cacha plus qu'il était le véritable souverain. Il fit l'homme omnipotent! On lui donna du « Monseigneur » et de « Votre Excellence » ! Il organisa une garde de quarante gentilshommes qu'il payait mille livres chacun, de douze soldats qu'il costumait en laquais et qu'il afTublait de grandes épées. Par crainte ou par amour, tout le monde se mit à « adorer le veau d"or y>^; on sollicita ses faveurs. Finalement, le Louvre « se trouva rempli de ses serviteurs ». Vrai « maire du palais », il était parvenu à « tirer à lui

1. Nous connaissons les incipit et les dates de ces lettres : Bibl. nat., Cinq Cents Colbert 221, fol. 254 v°. On en publia des extraits {Chapitre du crime de lèse-majesté royale auquel sont recueillies les charges qui sont au proccs fait à Conchino, in-fol., p. 3; B. Legrain, Décade commcnraiit lliistoire de Louis XIII, p. 411). Le procureur général réclamait la comparution de Richelieu. Nous avons le texte de ses conclusions (Bibl. nat., ms. ital. 1771, p. 242; cf. la dépêche de l'ambassadeur vénitien, Ibid., p. 231, et Bentivoglio, Lettere, t. 1, p. 352). Louis XIll voulait poursuivre. Le premier président, M. de Verdun, l'en dissuada (dépêche de l'ambassadeur vénitien du 16 juillet 1617, Bibl. nat., ms. ital. 1771, p. 275). Voir le plaidoyer ébauché plus tard par Richelieu (Avenel, t. VII, p. 416) et ce qu'il dit dans ses Mém. (t. 1, p. 181). Finalement, Louis XIII estima « que des compliments avec soumission n'étoient pas des crimes » (lettre à Richelieu, Arch. des AIL étr., France 771, fol. 155).

2. Discours sur l'arrivée de Monsieur le duc de Longueville, Amiens, 1617,

LE COUP d'État du 24 avril ig17. 19

la domination entière de l'État, ne laissant à Sa Majesté que le titre et l'image de la dignité royale ». Il avait voulu « s'accroître, s'agrandir et régner seul sous l'ombre du roi », il y était arrivé !

Sa domination revêtit les formes de la plus odieuse des tyrannies. Il acquit « les belles qualités des puissants : le mépris de tous les autres hommes, la colère, l'impatience, la promptitude à faire injure au premier venu et l'oppression des plus faibles qu'il rendit ses esclaves » M II trancha du personnage, refusant les audiences qu'on lui demandait, exigeant des marques de respect et se mettant hors de lui si on négligeait à son égard le moindre signe de révérence -. Il devint de plus en plus irritable. Des espions, payés par lui, l'informèrent de ce qui se faisait et de ce qui se disait à la cour, à la ville, dans les provinces. De son autorité propre, il fit emprisonner des gens ^ Il s'avisa de publier des ordonnances, de signer des mandements par lesquels il imposait aux villes des contributions pour ses troupes*. Il voulut même faire marcher la justice, mais cette

in-12, p. 3, et dépêche d'O. Bon du 11 oct. 1616 (Bibl. nat., ms. ital. 1770, p. 58). Des gens protestaient (<■ Discours contre les llatleries prodiguées au maréchal d'Ancre, par le sieur A. >., Bibl. nat., ms. Dupuv 501, fol. 5).

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