‹ Le roi Louis XIII à vingt ansChapitre 133 sur 345 · Bibl. nat., ms. Clairambault 375, fol. 182 r · texte numérisé non relu

Bibl. nat., ms. Clairambault 375, fol. 182 r

0. D'après une ■■ prophétie trouvée à Rome en l'an 500 » (Livre de raison de Bertrand Lespervier, dansiSa/i. de la Soc. de Vhist. de Paris, 1905, p. 136, à la date de 1021).

7. Le mercredi l'office tout entier (Benlivoglio, Letlere, t. II, p. 39.j).

8. Le bref du pape est du 5 juillet 1018 {Mercure français, t. V, p. 271).

il avait célébré solennellement la première fête du bienheureux à l'église Saint Louis des Jésuites par une grand'messe chantée, avec procession, illumination le soir et feu d'artifice sur la Seine*. Il voulait imiter son ancêtre. Comme lui il faisait des vœux de pèlerinage, sinon en Terre Sainte, au moins à Rome, ou à Lorette, puis, il est vrai, ne pouvant quitter le royaume, chargeait le P. Cotton de les exécuter à sa place ^. Comme lui encore, il était plein de bienveillance à l'égard du clergé, maintenant et confirmant « les immunités, franchises, exemptions des ecclésiastiques séculiers et réguliers »*; il s'intéressait aux réformes des monastèreS; aux prêtres et écoliers irlandais réfugiés à Paris *. A défaut des Cisterciens, « l'ordre blanche », pour lesquels le roi du xiii" siècle avait eu une prédilection si marquée, il avait accordé ses préférences aux Jésuites; il les aimait^; il recommandait au pape la

1. Bentivoglio, Lettere, t. II, p. 565; Héroard, Bibl. nat., ms. fr. 4025, fol. 305 r°. La fête fut célébrée dans toute la France, par ordre du roi '< publié à son de tambour » (P. Le Verdier, le Livre de raison de Jacques Susenne, dans Rev. des quest. hist., 1908, t. I, p. 218).

2. Le P. Cotton envoyait le P. Arviset (Bibl. nat., ms. fr. 3722, fol. 107 T° et 110 V), avant d'y aller lui-môme (sa lettre au roi du 25 novembre 1619, publiée par E. Griselle dans Revue du monde catholique, l" septembre 1909, p. 549). Louis XIII donnait de l'argent pour réparer les lieux saints et faisait cadeau au Saint-Sépulcre de riches ornements (lettre du roi à M. de Césy, ambassadeur à Constantinople, du 20 mai 1620, Bibl. nat., ms. fr. 16156, fol. 76 r°).

3. Lettres patentes dans ce sens : Paris, 1624, in-8°. En février 1623, Louis XIII fit ériger Paris en archevêché {L'Érection de Vévêché de Paris en archevêché à la réquisition du roi avec les lettres patentes de Sa Majesté et l'arrêt de la cour du Parlement (du 8 août 1623), Paris, 1623, in-8").

4. Lettres patentes du roi pour l'exécution des règlements faits pour les ordres S. Benoît, S. Augustin, Cîteaux et Cluny, Paris, 1623, in-S"; Lettres patentes accordées aux prêtres et écoliers irlandais réfugiés à Paris (16 sept. 1623). in-4"'.

5. « Societatem nostram diligit : amat eos qui de Jesuitis bene dicunt » (lettre du P. Cotton, Bibl. nat., Moreau, 1278, fol. 141 v°).

canonisation de saint Ignace en lui disant tout ce qu'il devait aux pères de la compagnie : « les premières instructions que j'ai reçues en la foi et bonnes mœurs, écrivait-il, ont été des pères Jésuites; ils ont eu jusqu'à présent la direction de ma conscience dont je demeure très satisfait'. » Il entendit les réinstaller à Paris, « caressa », à cet effet, la Sorbonne et l'Université et, malgré les oppositions les plus vives, les autorisa à reprendre leur enseignement au collège de Clermontpar arrêt du conseil du 15 février 1618 -. Dans le reste du royaume il favorisait l'établissement de leurs collèges qui prendront une vive extension à partir de 1618, les soutenait contre les décisions de l'Université et des Parlements, leur octroyait des privilèges et leur faisait des dons '.

Mais comme saint Louis, aussi, il entendait, vis-à-vis des ecclésiastiques, conserver son indépendance de roi. Il n'admettait pas que, sous couleur de religion, on lui imposât une idée ou un acte qu'il pouvait croire contraire au bien du royaume. Un contemporain écrivait

1. Bibl. nat., ms. fr. 3722, fol. 7 r". Cf. Revue du monde catholique, du 1" septembre 1909, p. 553 et suiv.

2. Voir sur cette affaire : Bibl. Mazarine, ms. 2427 ; les lettres du nonce (Bentivoglio, Lcttere, t. II, p. 236, 267); le Mercure françois (t. V, 1618, p. 12); Arch. des Aff. étr., France 772, fol. 3 r° et suiv.; Malingre {Hisl. du règne de Louis XIII, Paris, 1646, in-12, p. 242) qui donne le détail de la rentrée du collège de Clermont le 20 février 1618. Cf. le P. Prat, Recherches historiques sur la compagnie de Jésus en France au temps du P. Cotton, 5 vol. in-8°, 1878, A. Douarche, VUniversitc de Paris et les Jésuites (kvi^ et xvn' siècles), Paris, 1888, in-8°, et E. Griselle, Louis XIII et les Jésuites, dans Revue du monde catholique, 1" septembre 1909, p. 529-537.

3. Arrêts du Conseil du 28 avril 1618, (Arch. nat. E. 1685, fol. 23 r°), du 30 décembre 1619 (E. 62c, fol. nQ r'); e. Gharavay, Collection de lettres autographes du règne de Louis XIII, Paris, 1873, p. 36-40. Consulter G. Gandy, les Jésuites au temps d'Henri IV et de Louis XIII, dans Rev. des quest. hist., t. XXI, p. 223.

de lui : « il a un zèle religieux sans superstition' ». Cette absence de superstition se manifestait par une grande liberté d'esprit et de caractère. Nous l'avons vu refusant de demander l'absolution à Rome pour avoir fait arrêter légitimement un cardinal". Lorsque le pape permettait à des religieux ou des religieuses de fonder un couvent dans une ville de France, Louis XIII mandait au gouverneur de la province de « tenir la main à ce que l'on n'entreprît rien en l'afîaire sans le consentement du corps de ville, auquel, ajoutait-il, vous ferez entendre mes intentions sur ce sujet, » et ces intentions étaient défavorables ^ Jaloux de ses prérogatives, il ne voulait pas qu'un ecclésiastique, confesseur ou prélat, pesât sur ses déterminations politiques ^ Il ne se laissait pas toucher par les considérations théologiques. L'exemple le plus remarquable de cette attitude de Louis XIII a été sa conduite vis-à-vis des protestants. Il a adopté à leur égard le principe de la liberté de conscience : mot et chose ont été invoqués par lui et compris par lui dans un sens moderne : il est demeuré fidèle à sa pensée malgré toutes les prières et les objections. La fermeté et la fixité de ses idées, dans cette question, ont été remarquables; les conséquences pratiques qu'a eue l'action personnelle du prince sur ce

1. liccit véritable de ce qui s'est fait et passé à la ville de Mctc, Paris, 1619, in-12, p. 6.

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