‹ Le roi Louis XIII à vingt ansChapitre 165 sur 345 · Ibid., fol. 198 r", 148 v°, 201 \", 135 r · texte numérisé non relu

Ibid., fol. 198 r", 148 v°, 201 \", 135 r

6. Le 9 octobre 1618 elle achète à l'horloger Salomon Chesnon, pour 800 livres, « une grande horloge sonnante à mettre sur la table, garnie et enrichie de diamants » {Ibid., fol. 197 r").

libéralités étaient royales. Elle bâtissait une église de minimes à Blois ' ; donnait aux cordeliers de la ville, aux niarguilliers de Notre-Dame-des-Aides, aux paroisses des environs'-. Elle distribuait de l'argent, la semaine sainte, aux sept sanctuaires où elle allait faire ses stations, à 70 pauvres filles, aux mendiants stationnant à la porte des églises, aux prisonniers. Dès que quelque malheur lui était sig'nalé dans le pays : sinistres produits par le débordement de la Loire, incendies mettant des gens dans la misère, maladies ruinant de vieux serviteurs, elle se montrait généreuse, gratifiait largement le maître de poste de Blois pour le surcroit de besogne qu'elle lui procurait : le curé, le vicaire et le sonneur de l'église Saint-Nicolas, parce qu'elle les priait de ne pas faire sonner les cloches avant dix heures du matin ^ Elle distribuait autour d'elle sans compter, elle était libérale par faste. Dans cette nouvelle existence où elle cherchait à se donner les illusions du passé, pensait-elle à ses enfants? Peu. Elle avait demandé qu'on lui envoyât une de ses filles. On n'avait pas voulu : elle en avait pris son parti*. Elle se bornait à leur écrire des billets courts, sans grande effusion, de cette langue qui trahissait sa connaissance insuffisante du français : « ma figle, votre sur est

1. Elle en posait la première pierre en 1617 (Bibl. nat., Cinq Cents Colbert. fol. 163 v").

2. Ibid., fol. 162 Y°, 204 r°; Touchard-Lafosse, Histoire de Blois, 1846, in-4", p. 214.

.3. Bibl. nat., Cinq-Cents Colbert 94, fol. 190 r°. 217 r°, 235 v°, 239 r»; 92, fol. 175 r°, 195 v°. « Payez comptant à Noël Merveillières, sieur de la Rabinière, pauvre gentilhomme du pays chartrain, la somme de six livres dont nous lui avons fait don pour lui donner moyen de subvenir à sa nécessité et à celle de sa femme et de ses enfants, sa dite maison ayant été ruinée du feu depuis peu de jours en ça » (94, fol. 247 r°).

4. Dép. de l'amb. vén. du 13 oct. 1617, Bibl. nat., ms. ital. 1771, p. 435.

venue me visilar. . . ' » Elle mandait à madame de Monglat, la gouvernante, qu'elle comptait sur elle : « Vous avez satisfait à votre devoir et à mon désir, lui disait-elle, m'ayant avertie de la santé de mes filles; et pourvu qu'elles aient les vertus auxquelles elles sont obligées, elles n'auront jamais tant de bien ni de contentement que je leur souhaiterai. Soignez soigneuse en tout ce qui les regarde -. » Madame de Guise venant la voir, elle la chargeait de recommandations pour ses enfants ^ A chaque jour de l'an elle leur envoyait de riches étrennes. De sentiment plus profond, elle n'en révélait guère. Quels étaient ceux qu'elle éprouvait pour le roi et que le roi professait pour elle? La question, jusqu'ici, est restée obscure. Les partisans de Marie de Médicis, par respect pour la personne royale, n'osant pas mettre en cause Louis XIII, ont répété que cette question se réduisait à un antagonisme entre le favori du roi, M. de Luynes, et l'ancienne régente. Il est possible, aujourd'hui, de mieux préciser les faits.

Sa mère reléguée à Blois, loin des affaires, Louis XIII n'avait plus de raison de nourrir contre elle de l'hostilité. Le mieux était qu'elle acceptât son sort; il n'était que de l'aider par des prévenances. Il avait suivi avec intérêt le voyage de l'ancienne régente à Blois. « Sa Majesté, mandait Luynes à Richelieu, le 10 mai 1617, a été extrêmement aise de son bon voyage et a compté

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