‹ Le roi Louis XIII à vingt ansChapitre 177 sur 345 · Girard, Hist. de la vie du duc d'Epernon, p · texte numérisé non relu

Girard, Hist. de la vie du duc d'Epernon, p

3. Le roi l'interdit par arrêt du Conseil du 21 mars 1019. Arch. nat., E 61", fol, 143 r°.

4. Le roi l'interdit également par arrêt du 2 mars 1019, Ihid., E, 61<-, fol. 45 r°. Il fallut ensuite dégag:er les responsabilités des receveurs (arrêt de juin 1619 réglant la situation du receveur des tailles de Jarnac, auquel 50 soldats, conduits par Lepelletier de Montargis, ont enlevé de force, le 10 avril, au nom de la reine-mère, 8414 livres, 7 sols, 4 deniers Ibid., E 61» fol. 46 r°).

5. D'Épernon recrutait à lui seul dans son gouvernement 5 à 6000 hommes de pied, 8 à 900 chevaux: lettre du comte de la Rochefoucauld à M. de Pontchartrain du 1" avril 1619, Bibl. nat., Cinq Cents Colbert 97, fol. 63 r^; Girard, op. cit., p. 334.

même en nécessité de vous dire, pour votre particulier, que je ne saurois, en vérité, supporter davantage votre manière d'agir que je vois servir de prétexte à tant de mauvais sujets. Je vous conjure par vous même, par lo nom de reine que vous portez, par celui de mère que vous m'êtes et que vous prenez en m'écrivant, de revenir un peu à vous, de songer à ce que vous faites et de considérer qu'elle en peut être la fin... Si je vous ai donné juste sujet de méfiance, je me déclare et devant Dieu et devant les hommes grandement coupable. Si vous dites que ce sont d'autres qui sont auprès de moi qui le font contre mon gré, vous me reprochez beaucoup de faiblesse de le pouvoir souffrir et à eux, qui ne subsistent que par ma seule autorité, beaucoup d'imprudence et de témérité tout ensemble, de faire une chose qui m'est désagréable et préjudiciable en même temps à ma réputation. Vous me faites grand tort, mais vous vous en faites bien davantage. » '

Le 8 avril, il fut décidé que pour appuyer M. de Béthune un second personnage plus important serait envoyé a Marie de Médicis, le cardinal delà Rochefoucauld-; en même temps Louis XIII ordonnait aux troupes de se concentrer et au duc de Mayenne de prononcer un fort mouvement en avant sur Aneroulême : lui-même, se mettant en marche vers la Saintonge, gagnait Orléans, Amboise, lorsqu'il apprit que l'effet cherché était produit : Marie de Médicis interdite, avait signé la paix

i. Lettre de Louis XJH à :^;i more du 8 avril 1619, Négociation, p. 142,

2. Les instructions qu'on lui donna furent « lues dans le conseil du roi », Ibid., p. 188.

d'Angoulême le 30 avril'. « Jamais accord ne fut conclu plus à propos, écrivait Richelieu, car Annibal était aux portes, puisque les troupes du roi étaient déjà proches d'elle-. » Comme l'avait offert Louis XIII, la reine mère pourrait aller et venir dans le royaume; elle gardait ses revenus; on lui payait ses dettes; en plus, le roi pardonnait à tous les complices et passait condamnation sur les attentats commis : levées de troupes, dilapidations de fonds publics, exactions ^

Le jeune roi déclara à sa mère qu'il comptait sur une réconciliation sincère : « Une des choses du monde que je passionne davantage, lui écrivit-il, est de nous voir remis en une si parfaite amitié et si entière intelligence que nous n'ayons jamais autre différend sinon à qui se rendra plus de devoirs, vous, d'une très bonne mère et moi d'un très affectionné fils '\ » Il lui proposait de se rejoindre ; il allait même jusqu'à lui offrir enfin de revenir à la cour : « Je ne demande pas seulement une bonne intelligence avec vous, lui disait-il, mais je désire que vous veniez avec une entière confiance reprendre votre place en ma cour aussi bien que vous l'avez dans mon cœur : ce sera pour y séjourner autant qu'il vous plaira et n'en point partir si vous l'avez agréable'. » Il lui

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