‹ Le roi Louis XIII à vingt ansChapitre 201 sur 345 · Brienne, Mém., éd. Petitot, t. I, p · texte numérisé non relu

Brienne, Mém., éd. Petitot, t. I, p

tentement que je reçois de vos services'. » D'Ornano tiendra le roi et les ministres au courant des faits et gestes de Gaston-. Au bout de cinq ans, en 1624, il sera disgraciée Gaston a subi bien des directions diverses : elles ont toutes autant, ou aussi peu, influé sur son caractère : sa nature superficielle a échappé aux suggestions.

Mal impressionné par cette inconsistance, Louis XIII ne professe pas de vive sympathie pour son jeune frère. Celui-ci a la fâcheuse tendance de contredire son aîné, ce qui impatiente le souverain *. Puis, que ne dit-on pas? Depuis longtemps le bruit ne s'est-il pas répandu que Marie de Médicis préférerait Gaston à Louis XIII ? Avant que Louis XIII n'eut chassé Concini et renvoyé sa mère, ne répétait-on pas que Marie de Médicis n'eut pas été fâchée de voir descendre du trône le jeune roi pour y faire monter Gaston, plus malléable, afin de recommencer avec lui une nouvelle régence? Les témoignages contemporains s'accordent pour reconnaître chez Louis XIII un vague sentiment de méfiance hostile à l'égard de son frère. « Le roi, écrit Arnauld d'Andilly, n'est pas sans quelque petite jalousie de l'inclination particulière que chacun remarque que la reine mère a

1. Lettre de Louis XIII à d'Ornano du 21 juillet 1622, Bibl. nat., ms. fr. 3722, fol. 162 r°.

2. Lettres de d'Ornano à Louis XIII et à Puisieux, de 1622, Bibl. de l'Institut, collection Godefroy, vol. 269, n°' 33, 34, 40.

3. Pour beaucoup de raisons : son atlitude trop impertinente à l'égard de Marie de Médicis; des soupçons au sujet de ses tendances espagnoles; des rapports concernant certains faits fâcheux de sa famille. « Journal » d'ArnauId d'Andilly, de 1624, Bibl. de l'Arsenal, ms. 5181, fol. 71 v» et suiv. Cf. le Prince de Corse, 1624, in-12, libelle écrit contre d'Ornano (le père d'Ornano avait tué son neveu; un ascendant avait étranglé sa femme).

4. La Santé du prince ou le soin qu'on y doit observer, p. 133.

pour Monsieur ^ » Le roi « est jaloux de la tendresse de Marie de Médicis pour Monsieur », relève le nonce Corsini - : l'ambassadeur vénitien et Bentivoglio confirment \ En 1619 la fuite de Marie de Médicis de Blois, la révolte qu'elle fomente parmi les grands du royaume, ses critiques contre le gouvernement pouvant faire supposer qu'elle tenterait, si elle le pouvait, de changer la direction de l'Etat, ne feront que fortifier les soupçons et les craintes de Louis XIIL

Aussi ne manifeste-t-il guère de tendresse à l'égard de Monsieur. Il lui parle d'un ton d'autorité et de protection qui sent son maître. Il désire que le gouverneur l'informe de tout ce que fait son frère : « M. d'Ornano, lui écrit-il, je ne puis rien entendre de plus agréable que le récit des bons déportements de mon frère dont vous m'assurez \ » De près ou de loin, il règle les pas et démarches du prince, ses allées et venues. Monsieur est-il malade? Louis XIII qui a l'intention de le faire partir pour Lyon, commande qu'on sache s'il peut effectuer le voyage : « Je veux, mande-t-il à d'Ornano, que vous fassiez faire une consultation des médecins Duret, Brie, Riolan, en présence de M. le chancelier; » qu'on envoie le résultat : « jusque là, attendez l'ordre que je vous donnerai. » La consultation étant défavorable, défense est faite à Gaston de partira

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