Bentivoglio, Leltcre, t. III, p
6. Lettre de Luynes à Richelieu, du 22 janvier 11)20 (Arch. des AfTaires étrangères, France 773, fol. 3 r°).
7. Richelieu, Mcm., 1. 1, p. 228. Mathieu de Morgues prétend quavanl la bataille des Ponts de Ce Richelieu aurait prévenu secrètement Luynes
affirmait toujours sa loyauté : « Si vous chercliez de l'artifice », écrivait-il à Luçon, « vous n'en verrez jamais, ni en mes discours, ni en mes actions, ni en mes lettres; c'est pourquoi prenez et ce que je fais et ce que j'écris comme je l'entends, qui est pour Thonneur de la reine et pour votre contentement, puisque c'est mon but' ». Or, c'est à ce moment que se posa la question du cardinalat de Richelieu dont l'échec momentané a été tant reproché à Luynes.
Objet d'un marché entre le gouvernement et l'évêque de Luçon, pour décider Richelieu à faire accepter de Marie de Médicis, qu'il tenait dans sa main, les clauses du traité d'Angers, ce cardinalat avait été imposé à Louis XIII et à ses ministres. Les ministres, l'entourage de Louis XIII, Louis XIII lui-même en avaient éprouvé un extrême déplaisir. Le P. Arnoux disait au nonce « qu'il faisait un cas de conscience au roi de ne pas laisser nommer Luçon cardinal, à cause du grand scandale qui résulterait de voir récompensé d'une telle dignité, l'homme qui avait été le principal instrument de tout le mal provenant de la discorde entre le roi et sa mère- ». — On le croyait ainsi. — Il fut donc
de l'état des affaires de la reine mère, ce qui aurait permis au roi de vaincre {Lumières pour lliist. de France, 1643, in-12, p. 77). L'articulation est douteuse.
1. Lettre de Luynes à Richelieu, Arcli. des Affaires étrangères, France 773, fol. 244 r°.
2. " E a me ha dctto il padre Arnoux, ch' egli pose in coscienza al re di non dover lasciar far cardinale Luçon, per lo scandalo grande che si riceverebbe in vedere prcmiato d'una taie dignita uno che era stato principale istromento dei mali ch' erano per seguire dalle discordie fra il re e la regina madré » (Bentivoglio, Lettere, t. IV, p. 519). Voir sur cette question du cardinalat de Richelieu l'article d'Avenel, L'Ëvêque de Luçon et le connétable de Luynes: élévation de Richelieu au cardinalat, dans Rev. des quest. hist., t. IX, p. 77.
décidé que le roi demanderait officiellement le chapeau de cardinal pour Richelieu, mais qu'officieusement le gouvernement prierait le pape de ne pas le donner. Le 21 août 1620, le prince de Gondé venait annoncer au nonce qu'on avait dû promettre à Richelieu le cardinalat afin d'obtenir de lui la conclusion de la paix d'Angers ^ ; le 22 août, la lettre officielle de demande était rédigée, signée du roi et envoyée à Rome par un M. de Chazan -; quatre jours après, le 26, le nonce écrivait au Saint- Siège qu'il avait reçu une lettre de Puisieux à ce sujet et qu'il avait des raisons de croire que, si cette nomination de Richelieu n'aboutissait pas, le gouvernement n'en serait pas autrement fâché, le prince de Condé, ajoutait-il, le chancelier, le garde des sceaux, tous ennemis de Luçon, et surtout Puisieux, remercié de sa charge de secrétaire d'État en 1616 pour faire place à Richelieu, y étant opposés : il ne nommait pas M. de Luynes^ Mais, le 6 septembre, le nonce recevait la visite de Puisieux et de M. de Luynes, et là Puisieux expliquait à l'envoyé du Saint-Siège qu'on avait bien demandé le chapeau de cardinal pour Luçon, afin de plaire à la reine mère, mais que M. de Chazan, envoyé à Rome, avait également la mission de dire au pape qu'il ne fallait pas donner suite à cette demande : il en indiquait les raisons. Que la chose, continuait-il, fut tenue secrète parce que si la reine mère et Richelieu le savaient, de nouveaux désordres seraient provoqués et il faudrait ensuite « vendre la réconciliation au prix du cardinalat ».
1. Bentivoglio, Lettere, t. IV, p. 385; lettre du nonce du 21 août.
2. Nous avons le texte de la lettre du roi, Bibl. nat., ms. fr. 3722, fol. 5 r°. Nous reviendrons plus loin sur cette affaire.