Richelieu, Mém., t. I, p. 211, 250 et
Sur la question d'argent, tout en calculant, il fut moins avide. De la succession de Goncini, il avait reçu riîôtel du maréchal d'Ancre, rue de Tournon; il le vendit à Louis XIII 40,000 écus ^ Il se fit attribuer des terrains à Paris, afin de combiner des spéculations. De bonne heure, il s'était fait donner par le roi des pensions-. En 1621, le total des pensions que lui donnait le roi s'élevait au chiffre de 70,000 livres; mais Guise et Nevers en recevaient 100,000; Bouillon, Longueville et du Yair, 80,000; d'Épernon et Soissons aussi 70,000 : ce n'était pas excessif ^ Après sa mort, on fera l'inventaire de ses biens et l'on s'apercevra qu'il avait moins de fortune que l'on ne le croyait, 40,000 livres de rentes seulement, dit un de ses adversaires ^
1. Pour on faire le logis des ambassadeurs extraordinaires et il acheta, ea 1020, l'hùtel de la Vieuville, bâti par Métezeau, rue Saint-Thomas-du Louvre: Seconde partie et réponse à la « Chronique des favoris », s. )., 1622, in-12, p. 19; Mercure français, t. VI, 1619, p. 341 ; Bassompierre, Journal, éd. Chantérac, t. II, p. 152; note de Paulin Paris dans l'édition des Historiettes de Tallemant, t. l, p. 418. Luynes avait ses écuries aux Tuileries. Le feu V prit le 5 décembre 1020 (Arnauld d'Andilly, Journal de 1620, éd: Halphen, 1898, p. 59).
2. Les trois frères, en 1612, touchaient chacun 2,000 livres de pension du roi (Bibl. nat., Cabinet des titres, Pièces orig-., 21, fol. 122 r".-) Luynes obtint du roi le don « de toutes les terres vagues tant en longueur qu'en profondeur qui sont entre la porte de Saint- Victor, sur le fossé de la grande rue, jusques à la porte de Saint-Bernard, pour en icelles faire bâtir et édifier des maisons qui payeront cens, lods et ventes », plus, « d'autres terres qui sont tirant vers la rivière, depuis un pont de pierre qui est ù ladite porte Saint-Bernard jusques au ruisseau des Gobelius >> (arrêt du Conseil du 26 février 1020, Arch. nat., E 63\ fol. 220 T").
3. N. Rémond, Sommaire traité du revenu et dépense des finances de France, 1022, dans E. Fournier, Variétés hist. et litt., t. VI, p. 114.
4. M. de Morgues, Lumières pour Vhist. de France, 1043, in-12, p. 33. Cf. la dépêche de Pesaro du 24 décembre 1621 (Bibl. nat., ms. itaL 1777, p. 193). « On prête à Luynes une fortune de dix à douze millions », dit cependant l'auteur d'un libelle {Seconde partie et réponse à la « Chronique des favoris », 1022, in-12, p. 18). Sous la Révolution, un certain Lejeune lit un mémoire à la Convention pour lui demander que la-
Le soin qu'il avait de ses propres intérêts, il l'eut aussi de ceux de sa famille. Ce fut un parent modèle. Il associa les siens à son bonheur. Ses frères furent comblés. Cadenet, honoré de pensions, créé maître de camp du régiment de Normandie en 1617 \ maréchal d& France en 4619-, appelé à siéger au Conseil, fait duc de Chaulnes en 1621 \ reçut un million de livres pour son mariage avec mademoiselle de Péquigny en 1620,. 18,000 livres de rentes sur les greffes des greniers à sel de Paris, deux fois autant sur les greffes de la Picardie*. Brante, aussi pensionné, nommé gentilhomme ordinaire de la Chambre, capitaine aux gardes-françaises, chargé de missions de confiance, eut, au moment de son mariage avec l'héritière du duc de Luxembourg, en 1620, 600,000 écus, plus le duché-pairie de Luxembourg et de Piney ^ Lui et son frère étaient chevaliers de l'ordre. A peine Luynes eut-il une fille qu'il la fiança
famille de Luynes restituât ce qu'elle avait « extorqué » à Louis XIIL (Mémoire à la Convention nationale au sujet des domaines volés par le plus indigne des favoris de nos anciens tyrans). Le duc Albert de Luynes répondit. Lejeune riposta {Réponse aux observations du citoyen Alt^ert de Luynes lue au Comité d'aliénation et des domaines dans sa séance du 15 nivôse de l'an II)..
1. Par lettres du 16 mai 1617 (Bibl. nat., Rec. Cangé, 163, p. 277).
2. Il prête serment le 8 décembre (Héroard, Bibl. nat., ms. fr. 4026, fol. 24.3 v"). Comme maréchal, il touchait 10,000 1. d'appointements (BibL nat., Cabinet des litres. Pièces orig. 21, fol. 51 r°).
3. Le 9 mars (Arch. nat., X'^ 8649, fol. 372 r°). Voir les lettres écritespar Louis Xlil à ce moment aux magistrats du Parlement pour faire enregistrer l'acte d'érection (Bibl. nat., ms. fr. 3722, fol. 112 v° et suiv.).. Sur son entrée nu conseil, cf. Bibl. nat., ms. ital. 1777, p. 189.
4. Arnauld d'Andilly, Journal de 1620, éd. Halphen, 1898, p. o; Seconde partie et réponse à la « Chronique des favoris », 1622, in-12, p. 20..
5. Léon de Luynes, sieur de Brante, touchait 30,000 1. en 1622 (N. Rémond, op. et toc. cit.). Sur ses missions, voir : Bibl. nat., Cabinet des titres. Pièces orig. 1780, n° 3; Journal d'Arnauld d'Andilly, éd. Halphen, 1857, p. 166; sur son mariage : Bibl. de Carpentras, ms. 1847, fol. 196 r°; Arnauld d'Andilly, Journal do 1020, éd. Halphen, 1898, p. 21 ^ la Seconde partie et réponse à la « Chronique des favoris «, 1622, p. 20^
avec le fils du duc de Guise, un prince de Lorraine, Henri de Guise ; lui donna 600,000 livres de dot, auxquelles Louis XIII ajouta 100,000 livres*. Une de ses sœurs, Antoinette d'Albert, avait épousé M. du Vernet, homme modeste. M. de Luynes fit de ce du Vernet un gouverneur de Calais et de sa femme la dame d'atour de la reine ^ Le baron de Baux, mari d'une autre sœur, Louise d'Albert, eut la charge de premier maître d'hôtel de Monsieur, Gaston, frère du roi^ On sait ce qu'il advint du cousin Modène; et le reste! Plus tard, Louis XIII, pensant à cette curée avec amertume, « contoit bien des choses que le connétable lui demandoit, et entre autres qu'un jour il lui dit qu'il falloit qu'il lui donnât quatre millions d'or; qu'il (le roi) n'avoit jamais vu tant de parents; qu'ils arrivoient à batelées à la cour, qu'il n'y en avoit pas un habillé de soie ». Son excessive affection faisait « qu'il n'avoit pas accoutumé de rien refuser » à son favori^.
Et Luynes sentant sa puissance, en usait. Des flatteurs lui répétaient de ne pas faire attention aux protestations que sa conduite provoquait". Il fit le maître. Il voulut que tout le monde lui donnât du « monseigneur »^ On
1. « Les accordailles » eurent lieu le 26 février 1620 (Iléroard, Journal, Bibl. nat., ms. fr. 4026, fol. 274 v"). Voir les articles de ce mariage : Bibl. nat., ms. Clairambault 375, fol, 189 r°.
2. Arch. nat., E 66", fol. 181 r°. Madame du Vernet fut dame d'atour d'Anne d'.lutricbe de 1619 à 1626 (Bibl. nat., ms. fr. 7854, fol. 301 r°).
3. Le P. Anselme, t. IV, p. 266. Louise d'Albert mourut en 1619. La dernière sœur de Luynes, Anne d'Albert, était ursuline (Ibid.).
4. llérnnrd, 10 avril 1622 (Bibl. nat., ms. fr. 4027, fol. 36 V); G. Bernard, Uist. de Louis XIII, t. I, p. 202.