Arch. des Aff. étr., France 775, fol. 106 r
combattaient encore la promotion de Richelieu, il avait eu une vive irritation : « le roi, écrivait le nonce, a su la manière, dont, sous main, on a, en s'autorisant de ses propres ordres, cherché à empêcher la promotion de Luçon; alors il s'est mis en colère et a commandé à son ambassadeur, nonobstant tout ce qui a pu être dit au nonce, de faire de vigoureuses instances en faveur de Richelieu' ». La promotion de l'évêque devenait imminente : l'opinion s'était faite à cette idée. Puisieux était obligé de céder : « Il faut donner cela à la voix publique, écrivait-il à l'ambassadeur à Rome, le 28 juillet, et à la réputation de sa Majesté, après ce qui s'est passé, et au contentement de la reine mère qui en écrit souvent et se conduit fort bien- ». A mesure que le terme approchait, Marie de Médicis redoublait d'instances ^ Le roi avait hâte d'aboutir. « Sa Majesté a parlé au nonce très fortement, disait Marillac à Richelieu le 4 septembre, et en termes plus exprès qu'il n'avoit point encore fait, dont d'Epernon m'a rendu témoignage pour l'avoir entendu distinctement ». Il ajoutait : « Le roi fait son affaire de celle de Luçon *^ ». Dix jours après, elle était terminée : le mercredi 14 septembre, Louis XIII apprenait officiellement que Richelieu était nommé cardinale
1. Dépêches du nonce Gorsini des 16 juillet et 28 août 1622, dans Zeller, Richelieu et les ministres, p. 119. Cf. Harlay de Sancy, Réponse au libelle intitulé « Très humble remontrance au roi », 16.32, in-12, p. 47.