Tallemant, Historiettes, éd. Paris, t. II, p
et d'Angers, écrivait Mathieu de Morgues, le roi apprétiendoit cet esprit qui lui sembloit être plus fin que prudent; il en avoit une grande aversion. Ce grand prince s'en défendoit avec toutes les armes que son bon esprit lui pouvoit fournir et ne le nommoit jamais sans lui donner la qualité de fourbe ^ » Louis XIII détestait ce qu'il appelait « l'esprit altier et dominateur du cardinal ". » Aux instances de sa mère, il répondait qu'elle ferait beaucoup mieux de renvoyer Richelieu à Rome, de le remplacer auprès d'elle : le prélat était un obstacle à leur entente plus étroite; elle gagnerait en autorité en le faisant disparaître ^ Insensible à ces raisons, Marie de Médicis persistait. Alors Louis XIII « lui présentoit familièrement les justes sujets de sa défiance, et cette bonne princesse assuroit que tout ce qu'on avoit dit contre le cardinal étoit des inventions de ses ennemis. Se voyant trop pressé, le roi étoit contraint de se retrancher dans un défaut que nous ne voulons point publier, ajoute de Morgues \ » Marie de Médicis alors faisait appel au ministre prépondérant du moment, le surintendant la Vieuville; mais « le marquis de la Vieuville ne voulant point avoir pour compagnon le cardinal, de peur qu'il ne devint son maître », répliquait à l'ancienne régente qu'elle lui demandait un service « par lequel il prévoyoit qu'il seroit ruiné dans peu de temps et que
1. M. de Morgues, Lumières pour l'histoire de France, 1643, in-12, p. 93.
2. Dépêche du résident florentin du 16 février 1624, dans Zeller, Richelieu et les ministres, p. 244.