‹ Le roi Louis XIII à vingt ansChapitre 314 sur 345 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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étaient venus jadis s'établir à Lyon où ils avaient gagné une assez grosse fortune dans la banque •. La maison était une des plus importantes du royaume -. Ces gens étaient hommes de goût. Jean-Baptiste de Gondi possédait au faubourg Saint- Germain la plus belle maison de Paris après le Louvre, remplie d'œuvres d'art apportées d'Italie^. Albert de Gondi détenait une partie de ce qu'on appelait autrefois la forêt de Cruie, aujourd'hui la forùt de Marly;il devenait possesseur de Versailles.

Sa seigneurie ne fut pas troublée. Il ne s'y installa pas; il se borna à entretenir le château, plutôt mal que bien, et il accrut considérablement les achats de terre commencés par M. de Loménie. Lui, et son fils après lui, Jean-François de Gondi, archevêque de Paris, poursuivirent l'accaparement du pays; ils acquirent 170 arpents, doublant presque la propriété. Lorsque Louis XIII viendra bâtir Versailles, le domaine de la seigneurie se trouvera être de 353 arpents, c'est-à-dire 120 hectares 65 ares '. Les bâtiments d'exploitation furent développés. Albert de Gondi procéda de même à la Grange-Lessart où de 114 arpents et demi de terres labourables, prés et bois taillis, laissés par M. de Loménie, il porta la superficie du domaine à 173 arpents '\

Malgré les opérations des deux seigneurs du lieu, le ter-

1. Antoine de Gondi, marchand florentin, habitait Lyon en 1526 (Bibl. nat., ms. fr. 30529, fol. 206 r°). La banque existait toujours vers 1617, et était dirigée par un certain Philippe de Gondi (Arch. nat., E. 55", fol. 252 r").

2. Elle avait beaucoup prêté aux rois de France durant les guerres religieuses, au taux rémunérateur de 16 p. 100 (Bibl. nat., ms. fr. 27837, fol. 16). Jérôme de Gondi avait prêté à Henri IV 92S 218 écus, 2 livres, 3 sols, 4 deniers, qui furent remboursés le 31 décembre 1600, Bibl. nat., ms fr. 27838, pièces 184. 185. Sur la famille, voir : Gorbinelli, Histoire généalogique de la maison de Gondi, Paris. 1705, 2 vol. in-4°; d'Hozier, Bemarques sommaires sur la maison de Gondi, Paris, 1052, in-fol.

3. Voir notre Vie intime d'une reine de France, p. 105, note.

4. Arch. nat-, 0'1759 A; « terres labourables, prés, pàtis, bois taillis et chàtaignerais, y compris les étangs. »

5. Ibid., d'après un procès verbal d'affiche du 19 février 1575, qu'accompagnent des notes marginales indiquant les accroissements opérés par Gondi. La Grange-Lessart était affermée 1950 livres.

roir de Versailles demeurait encore morcelé, au début du XVII- siècle, entre un assez grand nombre de propriétaires ; il y en avait même d'importants : tel, vers 1624, un M. Jean Martin, contrôleur général de la maison du duc d'Orléans qui possédait plus de 167 arpents — 56 hectares. A ne prendre même que la butte sur laquelle allait s'élever le château de Louis XIII, elle était divisée entre une vingtaine de propriétaires, dont ce M. Martin, la ferme de la Bretonnière, le curé, le prieur, M. de Gondi, — seulement pour une toute petite partie, — et le reste, humbles gens, paysans, modestes bourgeoise Telle était la situation foncière du pays, lorsque Louis XIII, vers l'âge de vingt-trois ans, au cours de ses chasses, remarqua l'endroit et s'y arrêta.

Nous avons vu combien Louis XIII avait un goût extrême pour la chasse. Depuis qu'il était devenu son maître, après la mort de Concini, il vivait de préférence hors de Paris, à Montceaux, Lésigny-en-Brie, Compiègne, Fontainebleau, Saint-Germain-en-Laye afin de pouvoir chasser. La région de Saint-Germain a été celle qui lui a été la plus familière : il aimait passer ses étés dans le château-neuf, sur le haut de la terrasse qui domine la Seine. De Saint-Germain, il rayonnait dans la forêt de Marly, où il chassait le cerf; dans les bois de Vaucresson, poussant jusqu'à Villepreux, jusqu'à Villacoublay "-. Un endroit l'attira toujours, Noisyen-Cruie, aujourd'hui Noisy-le-Roi, où se trouvait un grand château qui a été démoli en 1732 : il y avait plusieurs fois résidé étant petit, lorsque quelque maladie contagieuse, à Saint-Germain, obligeait de mettre les enfants royaux à l'abri; il aimait « visiter toute la maison, se ressouvenant des logis d'un chacun du temps qu'il y étoit ». Il y dînait,

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