L'Estoile, Journal, éd. ChnmpoUion, t. X. p
5. Sur Mme de Monglat, voir notre Au temps de Louis XIII, p. 6 et 46.
assuré que vous serez bien aise d'apprendre comme tout me réussit avec gloire et heureusement; je veux que Filandre (la personne qu'il lui envoie) vous dise ce qu'il a vu en peu de temps : n'en pleurez pas de joie ; toutefois je crois que vous ne pourrez pas vous en empêcher. Cette bonne opinion que j'ai de vous fait que je vous en aime encore mieux. Vous me faites plaisir de me mander de vos nouvelles*. » Il était touché de la fidélité afîectueuse de « Mamanga ». « Je sais comme vous m'aimez, je suis fort assuré que vous ne changerez jamais 2. » Il savait tempérer la familiarité à laquelle cette afTection pouvait conduire l'ancienne gouvernante, par des nuances de ton marquant la situation royale de l'élève : mais l'affection prédominait : « vous ne doutez point que je vous aime et que ce soit de tout mon cœur^ » Cette tendresse de cœur, il la témoignait encore dans les lettres de condoléances qu'il adressait à ceux qui venaient de perdre un être cher, père, femme ou fils '". Il était sensible. Il avait une vive sensibilité qu'il cachait sous des dehors un peu froids, par timidité et dignité. Au fond il avait une âme simple.
Des rois de France du xvn* et du xviii^ siècles, hormis Henri IV, il a été certainement celui des Bourbons qui a joint la plus grande simplicité de manières à la modestie la plus patiente. Malgré ses allures royales, il
1. Bibl. nat., ms. fr. 3815, fol. 3 v°; lettre datée des Ponts de Gé du 8 août 1620.
2. Bibl. nat., ms. fr. 3798, fol. 11 r"; lettre datée de Boulogne du 31 janvier 1620.