‹ Le roi Louis XIII à vingt ansChapitre 92 sur 345 · Les Sceaux renversés, 1624, in-I2, p · texte numérisé non relu

Les Sceaux renversés, 1624, in-I2, p

2. Boitel de Goubertin, la Relation historique des pompes et magnifiques cérémonies des chevaliers du Saint-Esprii, Paris, 1620, in-8°, p. 79; Gaspart, Thrésor de Vhistoire générale de notre temps, Paris, 1623, in-S", p. 335. Voir aussi : Harangue faite au roi par un des principaux habitants de Saint-Germain-en-Laye, Paris, 1619, in-12; le Manifeste de Picardie au roi, Paris, 1619, in-12, p. 5-8; la Merveille royale de Louis XIII, par le sieur de MM., Paris, 1617, in-12, p. 7; Livre-journal de Pierre de Bessol, 1609-1652, éd. Tamizey de Larroque, Paris, 1893, in-8°, p. 42.

3. Journal de l'exempt Bordeaux, Bibl. nat., nouv. acq. fr. 6163, p. 372.

4. Sully, Économies royales, éd. Petitot, t. IX, p. 194. Cf. : Le Roy, Remarques sur la vie du roy, Paris, 1622, p. 4; Harangue faite au roi par un des principaux habitants de Saint-Germain-en-Laye, Paris, 1619, p. 5.

Et à son tour, Louis XIII est ému de tant d'affection. Timide comme il l'est, de nature réservée, ayant pris l'habitude de conserver devant les manifestations populaires une impassibilité nécessaire, il arrive à ne pas trop trahir cette émotion; et néanmoins il ne peut s'empêcher, par moments, de la révéler. Devant la déclaration du vieillard de Lunel à genoux et pleurant, « le roi, dit l'exempt des gardes du corps Bordeaux, qui assiste à la scène, grandement touché de la harangue, ne dit autre chose sinon : « Voilà un bon vieil homme qui parle d'affection!* » Aux protestations de dévouement, le prince répond : « Vous avez un bon maître qui vous aime et qui reconnoistra en tout vos services- ». Aux entrées dans les villes, lorsque le peuple, enivré par le spectacle, ne met plus de bornes à son enthousiasme et crie, « Vive le roi! vive notre bon roi Louis! » on entend Louis XIII proférer avec une émotion que trahissent des larmes mouillant ses yeux : « Dieu vous bénie mon peuple! Dieu vous bénie! » Il lui arrivera de perdre son impassibilité et grisé à son tour d'agiter son chapeau en criant : « Vive mon peuple ! ^ »

Cette popularité, les sentiments réciproques d'affection entre le roi et les sujets expliquent le ton des correspondances qui sont adressées à Louis XIII, aussi bien par les plus grands seigneurs du royaume que par les plus

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